Coup de cœur. Dessine-moi ce monde qu’on ne saurait voir

 Coup de cœur. Dessine-moi ce monde qu’on ne saurait voir

Œuvre in situ (wall drawing) Simorgh, ISBA Besançon, avec l’artiste Mohamed Lekleti devant la fresque murale. Crédit photo : MohamedLekleti.com

Corps suspendus, visages qui se dérobent… L’univers de Mohamed Lekleti trouve sa place dans les institutions les plus prestigieuses. À découvrir ce week-end à Paris et cet été pendant la Saison Méditerranée à Montpellier et Tanger.

 

C’est l’une des figures montantes de la scène contemporaine. Son trait ? Immédiatement reconnaissable entre mille. Mohamed Lekleti dessine ce que l’on préfère ignorer : la domination, le pouvoir et leurs ravages. Avec des corps en lévitation, des visages dédoublés ou qui se dérobent au regard, il construit un monde suspendu entre ciel et terre, où le présent subit le passé.

Impossible de ne pas se laisser intriguer par Poussière d’exil (2022). Sur une vieille carte de la Méditerranée, numérisée puis marouflée, un charmeur de serpents au double visage joue de la flûte devant trois micros. Les fils relient l’instrument à un enfant qui tente de se protéger à l’aide d’un bouclier. Au centre, deux hommes siamois assis sur une rose des vents se bouchent les yeux et les oreilles. Un nuage noir surplombe la scène, tandis qu’une inquiétante silhouette sans visage rôde. La mort très probablement, ou l’exil dont il est question dans le titre ?

 

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Œuvre de Mohamed Lekleti, Poussière d’exil (2022), techniques mixtes sur papier, scène symbolique sur carte méditerranéenne évoquant l’exil et la tension.
Mohamed Lekleti, Poussière d’exil, 2022; Technique mixte sur papier / Mixed media on paper; 110 x 160 cm (43 1/4 x 63 in.) © Mohamed Lekleti / Adagp, Paris

Un artiste né à Taza et installé à Montpellier, à découvrir à la Galerie Lilia Ben Salah à Paris jusqu’au 31 mai. Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, ses œuvres seront visibles dans deux expositions monographiques au musée de Tanger (juin 2026) et au Frac Occitanie Montpellier (fin septembre 2026).

Son travail est aussi entré dans les collections de nombreuses institutions prestigieuses, dont le Detroit Institute of Arts (États-Unis), l’Institut du Monde Arabe (Paris), le MAC Lyon, la Fondation Gandur pour l’Art (Genève) ou le Musée Mohammed VI (Rabat).

 

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Fadwa Miadi