Boualem Sansal sort son « livre de combat »

La Légende, de Boualem Sansal, publié aux éditions Grasset (252 pages, 22 €), présenté à Paris le 2 juin 2026. © Xavier Galiana / AFP
L’écrivain publie aujourd’hui La Légende, un livre sur sa détention en Algérie, qui a fait couler beaucoup d’encre en plaçant son auteur au centre de nombreuses polémiques.
« « La Légende » n’est pas un livre neutre. C’est un livre de combat (…). Il nomme. Il accuse », écrit Boualem Sansal dans cet ouvrage publié chez Grasset. Il y met en cause le « régime algérien honni », qui l’a placé derrière les barreaux pendant 361 jours, du 16 novembre 2024 au 12 novembre 2025, et l’a condamné à cinq ans de prison avant de le gracier.
Boualem Sansal explique pourquoi il aurait préféré que Paris engage « un rapport de force » avec le pouvoir algérien pour obtenir sa libération, plutôt que de privilégier la négociation diplomatique. « Quitte à rester et à mourir en prison », affirme-t-il.
L’auteur franco-algérien souligne que cette divergence de fond est l’une des raisons de son divorce d’avec son éditeur historique, Gallimard, et sa décision de rejoindre Grasset, une maison d’édition du groupe Hachette, dans l’orbite du milliardaire Vincent Bolloré.
Possible glissement vers la droite radicale
Dans son ouvrage, Boualem Sansal établit une liste de 170 noms de personnalités qui l’ont soutenu. Puis, tout en se défendant de « régler des comptes », il consacre une annexe à « ceux qui ont juré que j’avais la rage » et « qui se disaient mes amis — et m’ont poignardé », écrit-il.
Il ne cite aucun nom mais met en cause Le Monde, Libération et Le Nouvel Obs pour avoir évoqué son « possible glissement vers la droite radicale ».
L’auteur se montre particulièrement sévère avec les dirigeants de Gallimard, dont le PDG Antoine Gallimard, qu’il accuse de l’avoir « mis à la rue » comme « un SDF », en le forçant à quitter le logement où il a été hébergé pendant trois mois après son arrivée à Paris.
« Je suis libre (…) Je ne suis pas sur une ligne idéologique », a affirmé l’écrivain dans un entretien publié samedi dans la presse locale de Perpignan, où il a participé ce week-end au « Printemps de la liberté d’expression », festival soutenu par le maire Louis Aliot, vice-président du RN.
« Ce que je peux dire, c’est que le RN a pu prendre certaines de mes positions sur l’islamisme et l’islam », a-t-il précisé, assurant avoir aussi « des prises de position qui sont à l’extrême gauche ».
>> Sur le même sujet :
Boualem Sansal ou la faiblesse morale d’une dictature
Des Prix Nobel et de nombreux écrivains demandent la libération de Boualem Sansal
Feuille de route, Sansal : les relations se tendent entre la France et l’Algérie
Deux écrivains maghrébins couronnés par l’Académie française
