Liban. La France appelle Israël à cesser « l’escalade » des combats

Vue de la forteresse de Beaufort, désormais sous contrôle israélien, une forteresse des Croisés située dans le gouvernorat de Nabatiyé, au sud du Liban, avec la ville de Kfar Kila au premier plan. (Photo par Jalaa Marey / AFP)
Suite à la prise de la forteresse de Beaufort par Israël, la France a sollicité une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour stopper l’offensive de Tsahal.
C’est à un subtil numéro d’équilibriste que s’est livré Jérôme Bonnafont, ambassadeur français à l’ONU, hier (1er juin), au Conseil de sécurité des Nations unies.
« C’est le Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui porte la responsabilité du déclenchement des hostilités en ayant entraîné le Liban et le peuple libanais dans une guerre qui n’est pas la leur (…) Nous reconnaissons le droit d’Israël à se défendre contre les attaques du Hezbollah ; pour autant, rien ne peut justifier la prolongation et l’ampleur de ces opérations militaires au Liban », déclarait le diplomate.
Occupant une position stratégique, en surplomb de la vallée du Litani et d’une partie du sud du Liban, la forteresse médiévale de Beaufort est désormais occupée par l’armée israélienne.
La France déplore l’escalade des combats menée par l’armée israélienne, en totale violation du cessez-le-feu négocié sous médiation américaine entre le Liban et Israël, entré en vigueur le 17 avril et reconduit depuis.
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Accord ?
« J’ai parlé ce soir avec le président Trump et je lui ai dit que si le Hezbollah ne cesse pas d’attaquer nos villes et nos citoyens, Israël attaquera des cibles terroristes à Beyrouth (…) Parallèlement, l’armée israélienne continuera d’opérer comme prévu dans le sud du Liban ».
Une position confirmée et justifiée par le ministère israélien des Affaires étrangères, sur X (1er juin) :
« Le Hezbollah a transformé le Liban en bastion du régime iranien. Depuis le 7 octobre 2023, le Hezbollah a tiré plus de 19 000 roquettes depuis le Liban, soit en moyenne 20 roquettes par jour (…) Israël a le droit et le devoir de défendre son peuple ».
Évacuation
« Rien ne justifie l’escalade majeure en cours au sud du Liban », s’indignait dimanche (31 mai) Emmanuel Macron. Suite à la prise de la forteresse de Beaufort et à l’intensification des opérations israéliennes au Liban, le président français appelait les belligérants à faire taire les armes.
En attendant, Israël a ordonné à la population libanaise d’évacuer une large zone du sud du Liban, allant de la frontière au fleuve Zahrani.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) déplore une situation humanitaire préoccupante et s’inquiète du fait que « près de trois mois après le début du conflit, plus d’un million de personnes demeurent déplacées à travers le Liban ».
Libanais et Israéliens sont attendus aujourd’hui à Washington pour un nouveau cycle de négociations.
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