Europe. L’éternel combat des immigrés pour leur liberté

 Europe. L’éternel combat des immigrés pour leur liberté

Face au durcissement des politiques migratoires en Europe, les immigrés continuent de revendiquer leurs droits et leur liberté de circulation. © Sameer Al-DOUMY / AFP / Illustration

Tous les gouvernements européens, à commencer par la France, ne se cachent plus pour appeler à bouter les immigrés hors du pays, poussant le cynisme jusqu’à organiser un référendum comme en Suisse. Portée par le parti d’extrême droite Union démocratique du centre (UDC), la consultation populiste visait à plafonner la population du pays alpin à 10 millions d’habitants ! Un vote favorable aurait contraint le gouvernement à prendre des mesures contraignantes contre l’immigration pour limiter la population d’ici 2050.

Aujourd’hui, les mesures contre l’immigration, qui se déclinent à l’échelle européenne, nationale et locale, sont présentées comme de simples décisions administratives censées renforcer le contrôle des frontières, alors qu’elles vont rendre impossible l’accès au séjour et accélérer les expulsions. Au moment où le renforcement aux frontières est déjà une réalité, par le biais d’un contrôle musclé aux frontières extérieures et d’un filtrage strict dans des zones de transit.

Quant à la politique d’éloignement, elle est déjà effective, du fait de l’allongement de la durée de rétention administrative pour certains profils, accompagnée de l’accélération des procédures de rapatriement.

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Ce que les pays européens appellent pudiquement « la coopération internationale pour l’application de mécanismes de réadmission » des immigrés correspond en fait à un chantage odieux qui consiste à « payer » grassement les pays du Sud qui acceptent de faire le gendarme de l’Europe et à « punir » ceux qui refusent de coopérer en leur fermant l’accès aux aides au développement.

Pour tordre le cou aux arguments spécieux des politiques concernant l’immigration, qu’elle soit illégale ou non, on se contentera de reprendre les arguments chiffrés du magazine américain The Nation, qui s’élève énergiquement contre les projets de l’ICE, la police fédérale de l’immigration, visant à reconvertir des entrepôts en centres de détention pour étrangers en passe d’être expulsés.

Depuis son retour à la tête des États-Unis, Donald Trump a entrepris de faire expulser entre 15 et 20 millions de personnes des États-Unis. Les journalistes du média ont ainsi calculé les pertes qu’essuierait l’Amérique si Trump se contentait juste d’expulser les 11 millions d’immigrés sans papiers.

On apprend ainsi que la perte de seulement 1,3 million de travailleurs entraînerait une hausse des prix de 1,5 % sur trois ans, le vivier de main-d’œuvre se tarirait à moins de 6,4 %, ce qui ferait un manque de 1 travailleur sur 14 dans l’hôtellerie-restauration, il manquerait 1 travailleur sur 8 dans le secteur agricole et la même proportion dans la construction. Alors les pertes de salaire sont estimées à 317,2 milliards de dollars sur une année. Rien que ça !

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Autrement dit, et disons-le très fort, en Europe, y compris en France, l’immigration renforce la croissance et le PIB par habitant, apportant une main-d’œuvre essentielle dans de nombreux domaines d’activité tels que la construction, le ramassage des ordures, les travaux pénibles ou encore les services et l’aide aux soins à la personne.

Et pour faire face à la crise démographique conséquente, notamment au vieillissement des populations, seule l’immigration permet d’apporter du sang neuf au réarmement démographique.

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Les immigrés, comme les binationaux d’ailleurs, devraient arrêter de subir le diktat de chefs de partis politiques en mal de slogans mobilisateurs pour réclamer leur part du gâteau et montrer leur attachement à leurs droits ou, du moins, avoir le même accès à la liberté que les autres concitoyens. Certains sont les fils, voire les petits-fils des anciens esclaves et, à ce titre du moins, ils ont l’obligation d’empêcher la métropole de restreindre en permanence leurs droits.

Abdellatif El azizi

Abdellatif El Azizi