Ces métiers d’art que le Maroc refuse de laisser disparaître

Un savoir-faire vit dans le geste répété, corrigé et transmis d’un maître à son apprenti
Il suffit parfois qu’un maître artisan disparaisse pour qu’un savoir-faire plusieurs fois centenaire s’éteigne avec lui. Avec la quatrième édition du programme « Trésors des arts traditionnels marocains », lancée à Rabat en partenariat avec l’UNESCO, le Maroc mise sur la transmission pour préserver les métiers d’art les plus menacés.
Un patrimoine vivant en danger
Lorsqu’un maître artisan disparaît sans avoir transmis son savoir, c’est bien plus qu’un métier qui s’éteint : c’est une mémoire, un geste, une technique parfois façonnée au fil des siècles qui disparaît avec lui. Face à ce constat, le Maroc a choisi d’agir. En lançant la quatrième édition du programme « Trésors des arts traditionnels marocains », le Royaume poursuit un ambitieux chantier de préservation de son patrimoine artisanal, en faisant de la transmission l’outil principal de sauvegarde.
Inspiré du concept des « Trésors humains vivants » développé par l’UNESCO, le programme repose sur une idée simple : identifier les détenteurs des savoir-faire les plus rares et leur donner les moyens de former une nouvelle génération d’artisans.
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Douze maîtres artisans investis d’une mission
Cette quatrième édition, lancée à Rabat, marque une nouvelle montée en puissance du dispositif.
Quelques chiffres résument son ambition :
- 12 maîtres artisans reçoivent le titre de « Trésors des arts traditionnels marocains » ;
- 120 jeunes apprentis bénéficieront directement de leur enseignement ;
- 10 métiers traditionnels jugés particulièrement vulnérables sont concernés ;
- le programme est conduit par le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, en partenariat avec l’UNESCO.
Un programme qui prend de l’ampleur
Lancé à la suite de l’accord conclu entre le Maroc et l’UNESCO en 2022, le programme s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à préserver les métiers de l’artisanat les plus fragiles.
En quatre éditions, le dispositif n’a cessé de s’étoffer :
- 2023 : première édition et lancement officiel du programme de sauvegarde ;
- 2024 : poursuite du recensement des métiers menacés et élargissement des formations ;
- 2025 : troisième édition sous le Haut Patronage du roi Mohammed VI, avec un renforcement du dispositif de transmission ;
- 2026 : quatrième édition, marquée par l’accompagnement de 120 apprentis et la distinction de douze maîtres artisans.
Des savoir-faire rares à préserver
Si la liste détaillée des dix métiers retenus cette année n’a pas encore été rendue publique, le programme cible les savoir-faire artisanaux les plus fragiles, souvent victimes du vieillissement de leurs détenteurs, de la raréfaction des apprentis et de la concurrence des productions industrielles.
Les éditions précédentes ont notamment concerné des métiers tels que :
- le tissage traditionnel ;
- certaines techniques de broderie ;
- la dinanderie ;
- la sculpture sur bois ;
- le travail du cuir ;
- la vannerie ;
- la poterie traditionnelle ;
- la ferronnerie d’art ;
- la fabrication d’instruments de musique.
Transmettre plutôt que conserver
L’originalité du programme tient à son ambition : transmettre plutôt que simplement préserver. Car un savoir-faire ne survit ni dans les livres ni dans les vitrines. Il vit dans le geste répété, corrigé et transmis d’un maître à son apprenti. À l’heure où de nombreux métiers d’art peinent à attirer la relève, le Maroc fait le pari que ce patrimoine vivant continuera de s’écrire, de main en main.
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