Rachida Brakni refuse la Légion d’honneur : « L’honneur est un devoir moral »

 Rachida Brakni refuse la Légion d’honneur : « L’honneur est un devoir moral »

Rachida Brakni et son mari Eric Cantona au Festival de Cannes 2026. L’actrice a refusé la Légion d’honneur, estimant que l’honneur relève d’un devoir moral. © Antonin THUILLIER / AFP

L’actrice fait partie des 619 personnalités distinguées dans la promotion du 14 juillet. Mais contrairement aux autres récipiendaires, elle a choisi de décliner cette distinction, dénonçant une décoration « attribuée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire ».

 

En bref

  • Rachida Brakni a refusé la Légion d’honneur qui lui avait été attribuée.
  • L’actrice figurait parmi les 619 personnalités distinguées dans la promotion du 14 juillet.
  • Elle estime que l’honneur constitue un devoir moral et non une décoration.
  • Elle critique une distinction selon elle « attribuée à tour de bras ».
  • La promotion du 14 juillet récompense des personnalités issues de nombreux domaines.
  • Plusieurs artistes et intellectuels ont déjà refusé la Légion d’honneur.
  • Jean-Paul Sartre et Georges Brassens figurent parmi les refus les plus connus.

C’est un geste qui détonne dans le concert de remerciements accompagnant traditionnellement les promotions de la Légion d’honneur. Alors que les noms des 619 récipiendaires du 14 juillet viennent d’être dévoilés dans plusieurs décrets publiés au Journal officiel, Rachida Brakni a choisi une autre voie : celle du refus, assumé et argumenté.

Un refus assumé au nom d’une conception personnelle de l’honneur

« J’apprends avec surprise que l’on me décerne la Légion d’honneur », a écrit l’actrice, avant d’expliquer les raisons de son choix.

Elle pointe une décoration selon elle « attribuée à tour de bras pour le meilleur et souvent pour le pire », qui l’amène à s’interroger : « La question de l’honneur se pose… Le mien se situe ailleurs. »

Pour Rachida Brakni, l’honneur n’est pas une distinction que l’on épingle sur un revers de veste, mais « un devoir moral précieux » qu’elle dit s’efforcer d’appliquer « chaque jour », dans son travail, son écriture et les choix qui guident sa vie.

Un principe sans lequel, écrit-elle, elle perdrait « l’estime de ceux qui comptent » à ses yeux, plus précieuse selon elle que « la plus haute distinction ».

Une carrière entre cinéma, théâtre et engagement

Selon un communiqué de la Grande Chancellerie, cette nouvelle promotion récompense des personnalités incarnant « le mérite, le civisme, le courage ».

Parmi les 518 personnes élevées au rang de chevalier figurent notamment l’archéologue et historienne de l’art Sandrine Huber, l’actrice Nathalie Portman et André Altmeyer, directeur général adjoint de la fondation Apprentis d’Auteuil.

Le monde de la culture est particulièrement représenté cette année, avec les distinctions accordées au dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, à l’artiste Eva Jospin, au réalisateur Xavier Giannoli ou encore à l’autrice Nathacha Appanah.

Née en 1977 à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, de parents algériens, Rachida Brakni se forme au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Elle intègre la Comédie-Française en 1998, avant de mener une carrière au cinéma, au théâtre et dans l’écriture.

Elle obtient notamment le César du meilleur espoir féminin pour Chaos de Coline Serreau en 2001.

Les refus célèbres de la Légion d’honneur

Rachida Brakni n’est pas la première personnalité à décliner la Légion d’honneur. Avant elle, plusieurs figures publiques ont fait ce choix au nom de convictions personnelles ou d’un refus des honneurs institutionnels.

L’écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre avait notamment refusé cette distinction, tout comme le chanteur Georges Brassens.

Plus récemment, d’autres artistes et intellectuels ont également choisi de décliner cette décoration, invoquant leur indépendance ou des désaccords avec les institutions.

Le geste de Rachida Brakni vient ainsi rejoindre la liste de celles et ceux qui préfèrent conjuguer l’honneur au singulier, le leur, plutôt qu’au pluriel d’une décoration nationale.

Vos questions sur le refus de la Légion d’honneur par Rachida Brakni

Pourquoi Rachida Brakni refuse-t-elle la Légion d’honneur ?

Rachida Brakni explique que l’honneur représente pour elle un devoir moral et ne se confond pas avec une distinction officielle.

Quand Rachida Brakni devait-elle recevoir la Légion d’honneur ?

L’actrice figurait dans la promotion du 14 juillet regroupant 619 personnalités distinguées.

Que reproche Rachida Brakni à cette décoration ?

Elle estime que la Légion d’honneur est aujourd’hui attribuée trop largement et questionne sa valeur symbolique.

Quelle est la carrière de Rachida Brakni ?

Actrice, metteuse en scène et écrivaine, elle s’est notamment fait connaître au cinéma avec Chaos de Coline Serreau, qui lui a valu un César du meilleur espoir féminin.

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.