Palestine. Ces Entreprises qui font honte à la France

Des drapeaux palestiniens brandis lors d’une manifestation de soutien à la Palestine en France. Plusieurs ONG ont saisi le Conseil d’État pour dénoncer l’implication d’entreprises françaises dans les colonies israéliennes. © Bertrand GUAY / AFP
Il semble qu’on a beau se cacher derrière des prête-noms bien commodes, on est toujours rattrapé par la vérité du terrain. Devant le silence complice des autorités françaises, ce sont ainsi pas moins de cinq organisations non gouvernementales (ONG) qui ont déposé, le 22 juillet, « un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’État », parce que la France n’a pas mis en œuvre les obligations qui lui incombent au regard de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël.
En bref
- Cinq ONG ont saisi le Conseil d’État le 22 juillet.
- Elles demandent à la France d’appliquer ses obligations internationales.
- L’avis consultatif de la CIJ du 19 juillet 2024 est au cœur du recours.
- Carrefour et Egis Rail sont cités parmi les entreprises visées.
- Un précédent recours sur le « risque plausible de génocide » à Gaza est toujours examiné.
Les militants, dont ceux de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de la Ligue des droits de l’homme (LDH), demandent au Conseil d’État d’enjoindre à l’État français « d’adopter les mesures adéquates et nécessaires permettant la mise en œuvre effective des obligations contraignantes qui s’imposent à la France dans le domaine économique ».
L’initiative ne part pas du néant puisqu’elle met en avant l’avis consultatif rendu le 19 juillet 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ), qui stipule que les États ne doivent pas contribuer à l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël.
Ce recours avait, par ailleurs, été précédé par un autre, versé au dossier par les avocats des ONG en septembre 2025 devant le tribunal administratif de Paris afin de contraindre l’État français à mettre en œuvre des mesures visant à prévenir le « risque plausible de génocide » à Gaza. Un recours qui n’a pas encore été tranché puisqu’il est toujours en cours d’examen après son renvoi devant le Conseil d’État.
Malheureusement, il ne s’agit pas de quelques brebis égarées du tissu économique de l’Hexagone, mais d’une véritable saignée à laquelle participent allègrement de grandes banques, des entreprises de construction ou encore de simples startups qui n’ont aucun scrupule à être de la partie, sachant pertinemment qu’elles participent à une opération de colonisation et d’occupation illégales, y compris au regard du droit israélien.
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Si l’on « s’amuse » d’ailleurs à faire un relevé méticuleux des grandes entreprises qui opèrent en Cisjordanie, parfois sous une couverture grossière, on trouve le groupe Carrefour, qui s’est installé en Israël à travers un accord de franchise avec Electra Consumer Products, laquelle a ouvert au moins deux supermarchés dans les colonies occupées.
Le secteur du BTP n’échappe pas à la curée puisque la colonisation fait miroiter de juteux contrats à des entreprises qui n’ont pas d’état d’âme, à moins qu’elles soient totalement acquises au projet sioniste. On peut également citer le cas d’Egis Rail, qui apparaît clairement dans les comptes rendus de Who Profits comme une entreprise impliquée dans des chantiers de construction du fameux tramway censé relier la ville occupée d’Al Qods aux colonies extérieures.
Résultat : à moins de poursuivre ces ONG en justice pour « antisémitisme », le gouvernement est bien contraint d’apporter une réponse sur la participation d’entreprises françaises à une opération de colonisation sous-tendue par un génocide en cours.
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Vos questions sur les entreprises françaises impliquées dans les territoires palestiniens
Pourquoi des ONG ont-elles saisi le Conseil d’État ?
Elles estiment que la France ne respecte pas ses obligations internationales concernant l’occupation des territoires palestiniens.
Quel texte juridique est invoqué ?
L’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice le 19 juillet 2024.
Quelles entreprises françaises sont mentionnées dans le recours des ONG ?
Le texte mentionne notamment Carrefour et Egis Rail pour leurs activités liées aux colonies israéliennes.
Un autre recours est-il en cours ?
Oui. Une procédure engagée en septembre 2025 devant le tribunal administratif de Paris est actuellement examinée par le Conseil d’État.
Que demandent les ONG à l’État français ?
Elles appellent la France à adopter des mesures concrètes afin d’empêcher toute contribution économique à l’occupation des territoires palestiniens.
