Paris : 34 masculinistes convoqués devant la justice

 Paris : 34 masculinistes convoqués devant la justice

Le logo de Telegram sur un smartphone. La plateforme est utilisée par des communautés masculinistes dont certains membres sont poursuivis pour des propos haineux en ligne. © Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Ils sont tous des utilisateurs d’un canal Telegram. Ils sont convoqués entre le 18 novembre et le 6 janvier devant le tribunal de Paris.

En bref

  • 34 utilisateurs d’un canal Telegram masculiniste sont convoqués devant le tribunal de Paris.
  • 45 personnes avaient été interpellées en juin dernier.
  • Le canal « femmeblancherie » comptait plus de 1 700 abonnés.
  • Le parquet évoque des propos raciaux, des apologies du terrorisme et des crimes contre l’humanité.
  • Plusieurs prévenus invoquent un « humour noir » ou un « humour beauf ».

 


Les gendarmes ont interpellé 45 personnes en juin dernier. Il s’agit de membres du canal Telegram public « femmeblancherie » qui compte plus de 1 700 abonnés.

Le parquet a constaté « une convergence des discriminations et des haines de la part des membres du canal, avec de nombreux propos à caractère racial, des apologies du terrorisme et de crimes contre l’humanité ».

Parmi la « multitude d’infractions » relevées figurent celles de provocation publique à la haine, la violence ou la discrimination ainsi que l’injure publique envers une personne ou un groupe à raison du sexe.

Ces délits font encourir un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

L’enquête a été menée à l’initiative du pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris. Il n’a reçu aucun signalement relatif à des discriminations masculinistes, « malgré l’importance du débat de société », dans les médias ou sur les réseaux, souligne le parquet.

Humour beauf

Les principaux auteurs viennent de toute la France, ils « apparaissent insérés socialement », la plupart travaillent et sont de classes socio-économiques variées, précise le parquet. On trouve parmi eux un infirmier, un agent pénitentiaire, un conducteur de métro.

La plupart « ont reconnu être les auteurs des messages poursuivis, mais ont invoqué un humour noir ou humour beauf, ou avoir écrit sous l’effet de l’alcool ou de l’agacement ».

L’exploitation de leurs téléphones a révélé une appétence partagée pour les sites d’extrême droite comme « Démocratie participative », ceux d’Alain Soral ou de Vincent Reynouard, déjà condamnés pour des incitations à la haine.

> A lire aussi : 

La Flèche : enquête après des tags néo-nazis en Sarthe

Mulhouse : un militant condamné à 3 mois avec sursis pour un salut nazi

Chants racistes dans l’Ain : cinq hommes poursuivis


Vos questions sur l’affaire du canal Telegram « femmeblancherie »

Pourquoi 34 personnes sont-elles convoquées devant la justice ?

Elles sont poursuivies pour des propos publiés sur un canal Telegram public, qualifiés par le parquet de haineux et discriminatoires.

Qu’est-ce que le canal Telegram « femmeblancherie » ?

Il s’agit d’un canal Telegram public qui comptait plus de 1 700 abonnés.

Quand les convocations auront-elles lieu ?

Les utilisateurs concernés sont convoqués entre le 18 novembre et le 6 janvier devant le tribunal de Paris.

Quelles infractions sont relevées par le parquet ?

Le parquet cite notamment la provocation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination ainsi que l’injure publique envers une personne ou un groupe à raison du sexe.

Quelle défense invoquent certains prévenus ?

La plupart reconnaissent être les auteurs des messages poursuivis mais invoquent un humour noir ou un humour beauf.

Avatar photo

Chloé Juhel

Chloé Juhel fait partie de la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Elle participe à la production d’articles d’actualité et au développement des contenus numériques du média.