Tunisie : la canicule ravive la crainte des pénuries et des incendies

 Tunisie : la canicule ravive la crainte des pénuries et des incendies

La Tunisie subit, en cette fin août, une deuxième vague de chaleur exceptionnelle. Jeudi 27 août, les maximales doivent atteindre 45 à 48 °C, avec des pointes locales à 49 °C. La veille, Kairouan et Béja ont frôlé les 50 °C. Au-delà du record, l’épisode met sous pression l’eau, l’électricité et les secours.

 

Des températures extrêmes, un quotidien sous tension

La fournaise s’est installée durablement sur une grande partie du pays. Mercredi 26 août, plusieurs stations météorologiques tunisiennes ont relevé des températures proches de 49 à 50°C, plaçant temporairement la Tunisie parmi les régions les plus chaudes du globe. Jeudi, le mercure demeure à des niveaux redoutables : entre 45 et 48 °C dans de nombreuses zones, et jusqu’à 49 °C localement.

Cette seconde séquence caniculaire de l’été intervient alors que les sols, les réserves et les habitants sont déjà éprouvés. Dans les villes comme dans les campagnes, la chaleur complique chaque geste du quotidien. Les ménages cherchent à limiter leurs déplacements aux heures les moins brûlantes, tandis que les grandes surfaces qui font face à d’interminables files d’attente limitent les stocks d’eau minérale à 6 bouteilles par client.

Dans un communiqué, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) explique que l’usage massif des climatiseurs constitue la principale cause du recours aux délestages. Or, les pics de consommation peuvent fragiliser le réseau et nécessiter les coupures programmées sur la base de calculs précis. Une dimension visiblement ignorée par la présidence de la République qui dans la nuit de mercredi à jeudi continue à privilégier la thèse du complot intérieur et d’une « situation anormale ». Une thèse formellement démentie par un ingénieur de la STEG, Slim Bouzidi, qui déplore une cabale judiciaire des cadres de l’entreprise publique.

 

Pompiers mobilisés face au risque d’incendie

Dans ce contexte, le danger ne se limite pas aux malaises et à la déshydratation. La végétation asséchée devient inflammable, et le moindre départ de feu peut se propager rapidement sous l’effet de la chaleur et du sirocco.

Les pompiers tunisiens sont ainsi appelés à multiplier les interventions, qu’il s’agisse d’incendies de broussailles, de feux agricoles ou de sinistres menaçant des habitations. Les unités de la Protection civile ont ainsi effectué 596 interventions en 24 heures, dont 124 extinctions d’incendies, selon un dernier bilan, et 154 opérations de secours et de sauvetage sur les routes.

Les autorités appellent la population à la vigilance : éviter tout brûlage, ne pas jeter de mégots et signaler rapidement toute fumée suspecte. Face à des températures qui tutoient 50 °C, la prévention devient un enjeu de sécurité civile autant qu’un réflexe de survie. Selon les prévisions de l’Institut National de la Météorologie (INM), les températures resteront en hausse les prochains jours, avec de nouveaux attendus pour ce vendredi 28 août.

 

Seif Soudani

Seif Soudani est journaliste du Courrier de l’Atlas basé à Tunis. Il couvre la politique, l’économie et les enjeux de société en Tunisie