Route migratoire atlantique : 1 046 personnes migrantes sauvées en une semaine

 Route migratoire atlantique : 1 046 personnes migrantes sauvées en une semaine

Deux migrants gambiens se reposent après avoir été secourus au large des îles Canaries. © SAMUEL ARANDA / AFP

Moins médiatisée que les parcours migratoires méditerranéens, la route migratoire atlantique d’Afrique de l’Ouest reste très empruntée et particulièrement dangereuse.

 

Fin août, en une semaine, 1 046 personnes migrantes qui tentaient de rallier les îles Canaries ont été secourues.

Parties de Gambie et réparties dans sept embarcations de fortune, elles avaient entrepris de parcourir les près de 2 000 kilomètres les séparant des îles espagnoles. Une route migratoire parmi les plus longues et les plus dangereuses.

Originaires du Sénégal, de la Gambie, mais aussi du Mali, de la Guinée ou encore de la Côte d’Ivoire, les rescapés ont été débarqués en Mauritanie et au Sénégal et pris en charge notamment par les équipes de Médecins sans frontières (MSF).

>> A lire aussi : Migrants : près de 1 000 vies perdues en Méditerranée en 2026

Parcours chaotique

Selon les détails révélés par l’ONG le 7 septembre, parmi les rescapés se trouvaient 134 femmes et 88 mineurs. Déshydratation, pertes de connaissance, fractures, multiples infections : les corps des personnes migrantes secourues ont été très largement éprouvés par une longue dérive en mer.

Outre les souffrances physiques, MSF déplore un impact psychologique désastreux de tout le parcours migratoire. « Une personne débarquée à Dakar a déclaré avoir été battue par un passeur et un groupe d’hommes pour la forcer à payer sa traversée plus chère », rapportait l’ONG.

Dans un autre témoignage, une femme expliquait que « l’un des passeurs lui avait volé de l’argent destiné à la traversée, puis l’avait violée avant l’embarquement ». Par ailleurs, beaucoup de rescapés ont vu leurs proches mourir pendant la traversée.

>> A lire aussi : Migration/UE : un pas de plus vers les « centres de retour » ?

Voies sûres

« Nous appelons les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et d’Europe à mettre en place des voies de migration sûres et légales, en élaborant une réponse politique qui donne la priorité à la vie humaine et à la dignité », ajoute Dalil Adji, chef de mission de MSF en Afrique de l’Ouest.

En juillet dernier, à la suite du naufrage d’une embarcation ayant fait une centaine de morts au large de la Mauritanie, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) préconisait la mise en place d’actions structurantes en amont :

« Il est nécessaire de déployer des efforts concertés pour s’attaquer aux causes profondes qui poussent les réfugiés et les migrants à entreprendre ces voyages périlleux. »

 

Avatar photo

Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.