Affaire Pegasus : Salah Hamouri porte plainte contre la société israélienne NSO

 Affaire Pegasus : Salah Hamouri porte plainte contre la société israélienne NSO

La Fondation ACAT a décidé de décerner à Salah Hamouri le 8e prix Engel-du Tertre des droits humains. ABBAS MOMANI / AFP

L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, 36 ans, actuellement en détention administrative, a déposé une plainte en France, mardi 6 avril, contre la société israélienne de cybersécurité NSO pour avoir « illégalement infiltré » son téléphone portable avec le logiciel espion Pegasus.

 

La plainte, déposée ce mardi au parquet de Paris par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH), fait suite aux révélations sur le logiciel espion israélien et sa maison mère NSO. Le téléphone de Salah Hamouri aurait été espionné par Pegasus alors qu’il se trouvait en France, entre le 27 avril et le 13 mai 2021.

En novembre 2021, le nom de Salah Hamouri apparaît aux côtés de cinq autres défenseurs des droits de l’homme palestiniens, car leurs téléphones sont espionnés par le fameux logiciel espion Pegasus. Selon les associations Front Line Defenders, Amnesty International et Citizen Lab, le téléphone d’Hamouri est piraté depuis avril 2021.

Une surveillance qui commence dans les Territoires palestiniens occupés, mais qui se poursuit lorsque Salah Hamouri est en France, ce qui constitue, en vertu du droit français, une violation du droit du respect à la vie privée. Des méthodes qui ne sont pas surprenantes.

Depuis près de vingt ans, les autorités israéliennes s’acharnent sur ce Franco-Palestinien, français par sa mère, palestinien par son père. Salah Hamouri a été une première fois jeté en prison à l’âge de 19 ans, alors qu’il n’était qu’étudiant, pour son opposition à l’occupation et la colonisation israélienne en Palestine. Puis de nouveau entre 2005 et 2011, accusé d’avoir voulu projeter une tentative d’assassinat à l’encontre d’un rabbin ultra-orthodoxe, des accusations que ce militant a toujours réfutées. Après sa sortie de prison fin 2011, Salah Hamouri a été placé plusieurs fois arbitrairement en détention administrative par les autorités israéliennes, puis relâché, sans jamais qu’aucun procès n’ait lieu.

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Dans un communiqué, son épouse Elsa Lefort dénonce l’inaction des autorités françaises.

« A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, dans un contexte marqué par une mobilisation de large ampleur contre l’occupation russe de l’Ukraine, le Président Macron reste silencieux face à cette nouvelle agression contre notre compatriote. Au lieu de demander sa libération inconditionnelle, l’Elysée en est à supplier les autorités israéliennes d’expliquer « pourquoi » elles l’ont arrêté. C’est un comble puisque la détention administrative s’opère sans motif ni jugement, s’insurge Elsa Lefort interdite d’entrer en Israël depuis 2016.  Et c’est d’un cynisme méprisant car la France sait parfaitement que la volonté israélienne est que Salah Hamouri quitte sa terre natale. Ce qui est exclu », conclut-t-elle dépitée.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.