Kamel Daoud lauréat du Goncourt du premier roman

Kamel Daoud pose au restaurant Drouant à Paris, le 5 mai 2015, après avoir reçu le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête. © Thomas SAMSON / AFP
Le très médiatique premier roman du journaliste algérien Kamel Daoud vient de gagner une nouvelle distinction : le prix Goncourt du premier roman.
En bref
- Kamel Daoud reçoit le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête.
- Le journaliste et écrivain algérien avait manqué de peu le prix Goncourt quelques mois plus tôt.
- Son roman, publié en Algérie en 2013 puis en France par Actes Sud, connaît un succès international.
- Le livre a remporté plusieurs distinctions littéraires, dont le Prix des cinq continents.
- Kamel Daoud a également été la cible de milieux conservateurs en Algérie.
Il y a quelques mois, l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud a raté de peu le prix Goncourt. Il vient de prendre sa revanche sur le sort en s’adjugeant le prix Goncourt du premier roman pour son livre Meursault, contre-enquête.
L’annonce en a été faite aujourd’hui par le jury littéraire de l’Académie Goncourt qui a aussi distingué deux autres écrivains : le Français Patrice Franceschi pour la nouvelle et le Belge William Cliff pour la poésie.
Trois autres romans étaient en lice pour le Goncourt du premier roman:Kiko Herrero avec Sauve qui peut Madrid !, Miguel Bonnefoy avec Le voyage d’Octavio Payot et Jean-Noël Orengo avec La Fleur du Capital.
Le roman de Kamel Daoud est édité d’abord en Algérie en 2013 aux éditions Barzakh avant d’être publié en France par Actes Sud pour connaitre ensuite une consécration internationale en gagnant plusieurs distinctions littéraires (le Prix François Mauriac de l’Académie Française, le Prix des cinq continents de l’Organisation internationale de la francophonie et le Prix Escale littéraire d’Alger et le Prix Liste Goncourt- le choix de l’Orient lors du 21e Salon du livre francophone de Beyrouth).
«Je ne suis pas l’homme d’un seul livre contrairement à ce qu’on croit parce que je pense que cela mène à deux maladies soit la vanité, soit une guerre de religion», a déclaré Kamel Daoud aujourd’hui à Paris lors de la réception de son prix.
En effet, le chroniqueur du Quotidien d’Oran a déjà à son actif deux récits et un recueil de nouvelles. Mais c’est son premier roman, un miroir dans l’Etranger d’Albert Camus, qui lui a valu une consécration internationale mais aussi une fetwa prononcée à son encontre par la figure locale du salafisme, l’imam Abdelfatah Hamadache.
C’est que le roman est porteur d’une vision critique sur le rapport des algériens à la religion et à la langue arabe. Une audace qui a eu le don de provoquer l’ire des milieux conservateurs qui ont voué aux gémonies l’écrivain qui a, toutefois, bénéficié d’un large mouvement de soutien en Algérie comme à l’étranger, notamment sur les réseaux sociaux.
La traduction en langue anglaise de Meursault, contre-enquête paraître au mois juin prochain aux Etats-Unis chez l’éditeur new-yorkais « Other Press ».
FAQ
Quel prix Kamel Daoud vient-il de recevoir ?
Kamel Daoud a remporté le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête.
Quand le roman a-t-il été publié ?
Le roman est paru en Algérie en 2013 aux éditions Barzakh, avant d’être publié en France par Actes Sud.
Pourquoi Meursault, contre-enquête a-t-il rencontré un succès international ?
Le roman, qui fait écho à L’Étranger d’Albert Camus, a reçu plusieurs distinctions littéraires et a été salué en France comme à l’étranger.
Pourquoi Kamel Daoud a-t-il suscité des critiques en Algérie ?
Son roman porte notamment un regard critique sur le rapport à la religion et à la langue arabe, suscitant l’hostilité de certains milieux conservateurs.
