Coup de cœur. Alif, un spectacle qui secoue la mémoire

 Coup de cœur. Alif, un spectacle qui secoue la mémoire

Adila Bendimerad sur scène dans Alif, un spectacle mêlant théâtre, musique et mémoire. © Christophe Raynaud de Lage

Hommage vibrant à la culture arabe, la nouvelle pièce d’Abdelwaheb Sefsaf, dramaturge et directeur du théâtre de Sartrouville, réunit musique, mémoire et poésie dans un spectacle lumineux porté par Adila Bendimerad. Avec Alif, le théâtre devient un espace de dialogue entre les rives de la Méditerranée.

Si vous avez été éblouis par Adila Bendimerad dans La Dernière Reine, préparez-vous à la découvrir sous un nouveau jour dans Alif, dernière pièce du triptyque Hexagone, une petite histoire de France du dramaturge Abdelwaheb Sefsaf. Dans ce spectacle vibrant, elle ne se contente pas de jouer, elle chante, danse et signe une performance habitée.

Abdelwaheb Sefsaf et Adila Bendimerad sur scène dans Alif, un spectacle mêlant théâtre, musique et mémoire.
Abdelwaheb Sefsaf et Adila Bendimerad dans Alif, sur scène. © Christophe Raynaud de Lage

Dans Alif, « lettre droite, seule, sans courbe, comme un corps qui refuse de plier », une salle de classe devient le lieu d’une transmission intime et politique. Anne-Marie, professeure d’arabe, initie ses élèves à la beauté d’une langue et à la richesse d’une civilisation millénaire. Le spectacle raconte l’histoire depuis d’autres voix : celles des colonisés, des enfants de l’immigration, des mémoires venues d’Algérie, du Liban ou de Palestine.

Sur scène, Adila Bendimerad ne se contente pas de jouer. Elle chante, danse, entraîne la salle et donne chair à un récit sensible et politique. Révélée au cinéma, elle confirme sur les planches une présence scénique rare.

Le public n’est jamais simple spectateur. Alif l’invite à participer et même à monter sur scène, transformant la représentation en espace de partage. Cette proximité donne au spectacle une saveur particulière, entre fête populaire et expérience collective.

Deux scènes de performance d’Adila Bendimerad dans Alif.
Deux scènes de performance d’Adila Bendimerad dans Alif. © Christophe Raynaud de Lage

> A lire aussi : Portrait. Sarah Ourahmoune : de championne olympique aux combats pour les femmes

Mahmoud Darwich et Gaza : un final d’une intensité rare

Le moment le plus puissant survient dans le final, lorsque la salle se rassemble autour des mots de Mahmoud Darwich dédiés à Gaza.

« Ce n’est pas un mort, ce n’est pas un suicide, c’est la façon de Gaza de proclamer son droit à la vie. Elle est une île Gaza, une île qui explose encore et toujours et griffe le visage de l’ennemi… Elle n’est ni riche, ni grande, mais elle pèse le poids d’un peuple entier. »

Ces vers donnent au spectacle une portée universelle, où le théâtre devient mémoire, résistance et souffle collectif.


Alif, texte et mise en scène d’Abdelwaheb Sefsaf
Durée : 1h20
Théâtre de Sartrouville et des Yvelines jusqu’au 17 avril 2026
Tournée : 4 au 25 juillet 2026 – Festival Off Avignon au 11 (relâche les 10 et 17 juillet)