La grande classe des Allemands, grandement préoccupés du sort des réfugiés

 La grande classe des Allemands, grandement préoccupés du sort des réfugiés

Notre premier devoir est d’aider les gens lance Thomas Muller. UWE ANSPACH / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP


Il y a ceux qui ont la classe et il y a les autres. Il y a un pays qui se revendique des Droits de l’Homme, la France, et qui pourtant montre de moins en moins l’exemple et il y a l’Allemagne, qui nous épate. 


 


Dans la crise qui secoue l’Europe avec un afflux sans précédent de réfugiés (beaucoup viennent de Syrie, suivis de l’Erythrée, d’Afghanistan, du Kosovo et de Serbie), les Allemands ne cessent de montrer des signes de solidarité envers leurs frères en humanité qui fuient la dictature et la misère.


Un sursaut salutaire, surtout quand on se souvient des défilés de l’hiver dernier organisés à l’appel du mouvement allemand Pediga. Des manifestations hebdomadaires xénophobes contre « l'islamisation » et les « demandeurs d'asile criminels » et qui  pendant plusieurs mois, avaient réunis des milliers de personnes, notamment à Dresde, dans l’est du pays, mais aussi dans plusieurs autres villes d’Allemagne. A l’époque, les Pediga appelaient à descendre dans la rue chaque lundi pour obtenir un durcissement du droit d'asile.


Aujourd’hui, le peuple allemand, dans sa vaste majorité, est prêt à ouvrir son cœur : un sondage de la chaîne ZDF réalisé il y a quelques jours montre que 60% des Allemands jugent que leur pays a les moyens d'accueillir les réfugiés.


 


Depuis quelques jours donc, les signes de solidarité envers les migrants ne cessent d’affluer.


 


Dernier épisode en date : dans une vidéo publiée ce mercredi 2 septembre sur le site de la Fédération allemande, les champions du monde en titre ont dénoncé, leur capitaine Bastian Schweinsteiger en tête, les attaques xénophobes contre les réfugiés étrangers arrivant en Allemagne et lancé un appel pour qu’on leur vienne en aide.


 


« Contre la violence et la xénophobie », clament les pancartes tenues notamment par le capitaine, Jérôme Boateng, Ilkay Gündogan, Mesut Özil et Toni Kroos. Ils appellent aussi au « respect », à« l’aide », à « l’intégration » et au « fair-play ».


« Nous sommes évidemment concernés par cette affaire et il est important pour nous de donner l’exemple », a ainsi affirmé Oliver Bierhoff, le manageur de la Mannschaft. Selon Toni Kroos, l’équipe sent qu’ils ont « un devoir de faire quelque chose contre la violence et la xénophobie ». « Je crois que l’Allemagne, l’un des pays les plus riches au monde, doit venir en aide » aux réfugiés, a ajouté le milieu de terrain du Real Madrid. Une position partagée par Thomas Müller, du Bayern Munich : « Notre premier devoir est d’aider les gens. »


Le week-dernier, ce sont des supporters du Borussia Dortmund, du Werder Brême, du Bayern Munich, de Wolfsburg et d'Hambourg qui avaient affiché leur soutien aux migrants à travers des banderoles, où il était inscrit « bienvenue aux réfugiés ».


 


On oublierait presque de citer cet Airbnb allemand « Refugee Welcome », qui annonce sur son site avoir reçu près de 1000 demandes, des Allemands désirant s’inscrire et ainsi proposer de partager leur toit  aux réfugiés.


Pourtant, ces initiatives du cœur ont lieu alors que l’Allemagne s’attend à un nombre record de 800 000 demandes d’asile cette année, soit le nombre le plus élevé que dans n’importe quel autre pays membre de l’Union européenne.


 


En France, Selon une enquête d'opinions Elabe réalisée il y a quelques jours, pour BFMTV, 56% des sondés se disaient « opposés à ce que la France accueille de nouveaux migrants et réfugiés en provenance de Syrie ». « Une opposition majoritaire, dans quasiment toutes les catégories de populations », relève l’enquête.


 


 


Nadir Dendoune
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.