Angleterre. Inquiétude chez les soutiens de la Palestine après la nomination de Rishi Sunak au poste de Premier ministre

 Angleterre. Inquiétude chez les soutiens de la Palestine après la nomination de Rishi Sunak au poste de Premier ministre

LONDRES, Royaume-Uni – 24 OCTOBRE: Le chef du Parti conservateur et 57e Premier ministre britannique Rishi Sunak salue les médias depuis les marches du siège du parti à Londres, en Grande-Bretagne, le 24 octobre 2022. Dinendra Haria / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Alors que l’élection, lundi 24 octobre, de Rishi Sunak, 42 ans, au poste de Premier ministre britannique a été saluée des deux côtés de la Manche, notamment à gauche, se félicitant de voir pour la première fois à la tête de la Grande-Bretagne, un fils d’immigrés à occuper une telle fonction, (les grands-parents et parents de Rishi Sunak sont des Indiens qui ont émigré d’Afrique de l’Est au Royaume-Uni dans les années 1960), d’autres n’ont pas tardé à pointer son soutien inconditionnel à l’État d’Israël.

 

En août 2022, comme le rapporte « The Times of Israël », s’exprimant lors d’un événement organisé par les Amis conservateurs d’Israël, Rishi Sunak avait déclaré que Jérusalem était « sans conteste la capitale historique » d’Israël et qu’il y avait des « arguments très solides » pour y transférer l’ambassade du Royaume-Uni, actuellement à Tel Aviv, se positionnant alors comme son allié américain. « C’est quelque chose que j’aimerais faire », avait-t-il alors annoncé. 

Sunak avait toutefois exprimé des réserves quant aux difficultés soulevées par la question. « Tout ce que je dirais, n’ayant pas été ministre des Affaires étrangères, c’est qu’il doit y avoir des sensibilités fortes parce que, si c’était aussi facile, cela aurait déjà été fait », avait-t-il expliqué.

Autre motif d’inquiétude pour les soutiens de la Palestine, dans un interview donné il y a quelques semaines au Jewish Chronicle, un journal londonien, Rishi Sunak s’était indigné qu’on puisse définir Israël comme un Etat d’apartheid – ce que les principales organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty, Human Rights Watch et B’Tselem, ont pourtant fait ces derniers mois. 

« L’affirmation d’apartheid est non seulement incorrecte sur le plan des faits, mais aussi franchement offensante », avait-il déclaré, ajoutant : « Comme toute nation, celle Israël n’est pas parfait, mais c’est une démocratie multiethnique dynamique, avec une presse libre et un État de droit. Il se dresse comme une lueur d’espoir dans une région d’autocraties et d’extrémistes religieux. »

Dans la même interview, Sunak avait fait l’éloge des accords de normalisation négociés par les États-Unis entre Israël et plusieurs pays arabes. « Le Royaume-Uni est en position de force pour tirer parti de ses relations historiques avec d’autres États du Golfe afin d’élargir les accords et j’aimerais que les diplomates britanniques mettent davantage l’accent sur ce point », avait-il précisé. 

Il s’était également engagé à faire passer un projet de loi pour réprimer le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). En mars dernier, Rishi Sunak a rencontré le ministre israélien des Finances Avigdor Liberman pour discuter d’un futur accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et Israël. 

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.