Bacha Coffee, le café marocain qui conquiert Paris

Le nouvel écrin parisien de Bacha Coffee sur les Champs-Elysées met en scène l’art de vivre marocain du café de luxe. © Archive Bacha Coffee – Adrian Koh
Bacha Coffee poursuit son expansion mondiale avec l’ouverture spectaculaire d’un écrin de 1 500 m² sur les Champs-Elysées. Née à Marrakech dans le palais Dar El Bacha, la maison de café marocain de luxe veut désormais imposer son art de vivre dans toutes les capitales du monde.
En bref
- Bacha Coffee est né en 1910 dans le palais Dar El Bacha à Marrakech.
- La marque marocaine de café de luxe vient d’ouvrir un immense écrin sur les Champs-Elysées.
- L’enseigne propose 200 crus d’arabica venus de 35 terroirs d’exception.
- Fondée par Taha Bouqdib, elle compte désormais 35 établissements dans le monde.
- Bacha Coffee veut devenir un ambassadeur mondial de l’art de vivre marocain.
Née en 1910 dans l’historique palais Dar El Bacha, à Marrakech, l’institution a su renaître de ses cendres. Après avoir séduit l’Asie, la maison a ouvert au printemps un écrin parisien. Il se situe sur la mythique avenue des Champs-Elysées. Bacha Coffee Paris veut désormais séduire les amateurs de café de luxe européens. Et les effluves de ses arabicas n’ont pas fini de se répandre dans le monde entier.
Un écrin marocain sur les Champs-Elysées
Dès l’entrée, bordée de palmiers, une irrésistible odeur de grains fraîchement moulus vous enveloppe. Vous n’êtes pas encore assis que déjà le voyage immobile commence. Sous vos pas, un damier noir et blanc. Aux murs, des boiseries sculptées. Au plafond, une profusion de lustres. Le personnel, d’une affabilité généreuse, vous invite à humer les boîtes alignées comme sur un orgue de parfumeur. Deux cents crus venus de 35 terroirs d’exception s’offrent au nez, des arabicas exclusivement. La maison marocaine est devenue une référence mondiale du café arabica haut de gamme. Notes d’agrumes ici, effluves de clou de girofle et autres épices là.
Oubliez les boutiques où le chic rime avec atmosphère clinique et accueil glacial. Oubliez aussi les petits kawas avalés fissa au zinc, sur fond de brèves de comptoir rances. Ici, l’antique breuvage est versé depuis des cafetières dorées à col-de-cygne. Il est préparé selon des méthodes d’extraction lentes. Le temps semble avoir suspendu son vol.
Inauguré en avril dernier, le 26 avenue des Champs-Elysées abrite un écrin de 1 500 m² répartis sur trois étages. On a immédiatement l’impression d’être ailleurs.

De Marrakech à l’Asie, l’ascension de Bacha Coffee
Cet ailleurs, c’est Marrakech, en 1910. La ville ocre reste au cœur de l’identité de Bacha Coffee. Au cœur de la médina, le somptueux palais Dar El Bacha abritait alors un café fréquenté par quelques happy few. Winston Churchill et Franklin Roosevelt y avaient leurs habitudes. « On a même retrouvé une photo de Charlie Chaplin confortablement installé sur l’une de ses banquettes, dégustant un plat », raconte Taha Bouqdib. Mais l’établissement ferme ses portes durant la Seconde Guerre mondiale et sombre peu à peu dans l’oubli.
En 2017, l’homme d’affaires Taha Bouqdib franchit ses portes. Il est le fondateur du groupe V3 Gourmet et le créateur de la marque de thé de luxe TWG. « Pourquoi ne pas lui donner une seconde vie ? », se dit-il. Deux ans de restauration minutieuse plus tard, Bacha Coffee renaît au sein de ce monument historique, ancienne résidence du Pacha de Marrakech Thami El Glaoui, aujourd’hui en partie aménagé en musée national dédié à l’artisanat local. Le succès est immédiat. On y croise Meryl Streep, Owen Wilson et d’autres stars hollywoodiennes.
Très vite, un deuxième établissement ouvre à Singapour, où Taha Bouqdib vit depuis une vingtaine d’années. « C’était un choix stratégique pour tester l’appréciation du “rêve marocain” en dehors du Royaume. »

Pari réussi pour la marque
Depuis, la marque a essaimé en Asie, de Hong Kong à Kuala Lumpur en passant par Jakarta. Elle s’est aussi implantée au Moyen-Orient, à Dubaï et au Qatar. Le café marocain de luxe poursuit ainsi son expansion mondiale.
Si bien qu’aujourd’hui on dénombre 35 établissements dans le monde. Bacha Coffee emploie près de 2 000 salariés, avec un chiffre d’affaires annuel de 95,5 millions de dollars. Le nouveau site sur les Champs-Elysées a nécessité un investissement de 20 millions d’euros.
La fin de l’année 2025 marquera une étape majeure avec trois autres ouvertures, dont un flagship au cœur de Ginza, le quartier le plus luxueux de Tokyo. Pékin et l’Arabie saoudite suivront. L’Amérique, avec New York en ligne de mire, est également dans le viseur. « L’ambition est d’avoir Bacha Coffee dans toutes les capitales du monde d’ici à 2030. »
Si les adresses prestigieuses se multiplient, l’idée n’est pas de reproduire un modèle standardisé mais de créer à chaque fois un lieu « haute couture » dont l’ADN reste profondément marocain, tout en s’adaptant au mode de vie local.

Le café comme outil de soft power marocain
Dans tous les établissements, de Paris à Jakarta, sur chaque table trône un livret intitulé Le Merveilleux Moka Marocain. Ceux qui auront la curiosité de l’ouvrir découvriront une histoire méconnue : « C’est un Marocain, Ali Ben Omar Al Chadili, négociant d’épices installé à Moka, qui a transporté pour la première fois le café d’Ethiopie au Yémen, avant qu’il ne conquière le monde », raconte Taha Bouqdib.
Selon la légende, Al Chadili, fasciné par les vertus de ces graines torréfiées que l’on consommait déjà dans les hauts plateaux d’Abyssinie, décida d’en rapporter quelques sacs à travers la mer Rouge au XVe siècle. Installé à Moka, mythique ville portuaire, il les fit connaître aux soufis qui adoptèrent la boisson pour ses vertus stimulantes lors des veillées spirituelles. De là, le café gagna La Mecque, Istanbul, puis le monde entier.
Pour celui qui est aussi consul honoraire du Maroc à Singapour, Bacha Coffee dépasse la simple aventure entrepreneuriale. La marque est aussi un puissant vecteur de soft power marocain. « Le premier réflexe des clients qui visitent nos établissements en Asie est simple. Ils regardent sur leur téléphone où se situe le Maroc sur une carte. Et beaucoup font le voyage pour découvrir la ville où est né Bacha Coffee. » Si le thé à la menthe restera le symbole indétrônable de l’hospitalité marocaine, grâce à Bacha Coffee, le café est en passe de devenir le plus flamboyant ambassadeur de l’art de vivre marocain.
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Vos questions sur le Bacha Coffee
Où est né Bacha Coffee ?
Bacha Coffee est né dans le palais Dar El Bacha à Marrakech en 1910.
Où se situe le Bacha Coffee à Paris ?
Le nouvel établissement parisien se trouve sur l’avenue des Champs-Elysées.
Qui est le fondateur de Bacha Coffee ?
La renaissance de Bacha Coffee a été portée par l’homme d’affaires Taha Bouqdib.
Combien de cafés propose Bacha Coffee ?
La marque propose près de 200 crus d’arabica issus de 35 terroirs d’exception.
Pourquoi Bacha Coffee connaît-il un succès mondial ?
La marque mise sur le luxe, l’expérience immersive et l’image raffinée du Maroc à l’international.
