Belgique. Depuis 5 ans, Naziha n’a pas vu ses enfants, enlevés à Dubaï par leur père

 Belgique. Depuis 5 ans, Naziha n’a pas vu ses enfants, enlevés à Dubaï par leur père

Naziha Mahmoudi et ses deux enfants enlevés par leur père qui vit à Dubaï. Photo : DR

Naziha Mahmoudi a longtemps hésité avant de s’exprimer publiquement. Et puis, il y a quelques jours, elle s’est enfin décidée. Depuis le 20 juillet 2017, cette Bruxelloise de 40 ans n’a plus vu ses deux enfants, depuis que son ex-mari, belge lui aussi, les retient à Dubaï où le couple a vécu ensemble plusieurs années avant leur rupture.

 

On imagine les longues journées de Naziha à attendre en vain des nouvelles de ses enfants, Ibrahim et Nohe, aujourd’hui âgé de 11 et 13 ans. « J’ai longtemps cru que mon ex-mari reviendrait à la raison », dit-elle de sa voix douce.

Son calvaire commence en juillet 2017. Le couple est en instance de divorce. Et ce n’est qu’en septembre 2020, que Naziha sera séparée de lui officiellement. Elle décide de revenir à Bruxelles après les quelques années passées à Dubaï. Son ex-mari, lui, reste aux Emirats arabes unis. Il insiste pour voir ses deux fils. Naziha accepte qu’ils partent passer un mois avec leur père. Elle est loin d’imaginer la suite.

« Au début, j’avais des nouvelles d’eux tous les jours, mais une semaine avant leur retour, j’apprends que mes fils ont des problèmes dentaires. Mon ex-mari me dit qu’il faut prolonger le voyage de trois jours et qu’un de ses fils doit subir une opération », raconte Naziha, qui ne se doute alors de rien.

La veille de la fameuse opération, Naziha ne parvient pas à joindre son ex-mari. Elle appelle le cabinet dentaire et se rend compte que le père de ses enfants lui a menti. Les quatre semaines écoulées, celui-ci ne donne alors plus de nouvelles, malgré ses nombreuses relances. Nous sommes fin août 2017.

Le 5 septembre, Naziha va porter plainte à la police pour « enlèvement d’enfant ». Quelques jours plus tard, son fils aîné, mandaté par son père, explique à sa mère que la seule façon de revoir ses enfants, c’est de revenir à Dubaï.

« J’ai vu le monde s’écrouler autour de moi », raconte encore, très émue, Naziha. Son ex-mari lui « concède » de pouvoir parler 5 minutes tous les jeudis avec ses deux fils.  « Je parlais à mon grand deux minutes une seule fois par semaine et c’était à chaque fois juste des appels téléphoniques. Je n’ai jamais pu faire de visioconférences avec eux », peste-t-elle. Et depuis le 17 juin 2021, Naziha n’a plus parlé à ses enfants.

Un mandat d’arrêt international a bien été émis contre son ex-mari, mais tant qu’il reste à Dubaï, il ne risque rien. Les Émirats arabes unis n’ont pas signé la Convention de La Haye, qui a pour but de favoriser la collaboration entre les Etats concernant l’enlèvement des enfants. S’il entre en Europe, il sera arrêté.

Les seules options possibles sont le recours aux voies diplomatiques. Naziha Mahmoudi appelle donc son gouvernement à agir au plus vite.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.