Cessez-le-feu Israël-Liban : un accord déjà fragilisé

 Cessez-le-feu Israël-Liban : un accord déjà fragilisé

Kfar Tibnit (Liban), 16 avril 2026. De la fumée s’élève après une frappe israélienne sur le village, alors que le président libanais Joseph Aoun a insisté le même jour sur la nécessité d’un cessez-le-feu avant toute négociation directe avec Israël. © Abbas Fakih / AFP

Hier (16 avril), Donald Trump annonçait un accord sur un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban. Cette nuit, l’armée libanaise évoquait déjà « des violations » de l’accord.

« Je viens d’avoir d’excellentes conversations avec le très respecté président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre d’Israël Benyamin Netanyahou (…) Ces deux dirigeants se sont accordés sur le fait que, pour parvenir à la PAIX entre leurs deux pays, ils commenceront formellement un cessez-le-feu de dix jours », annonçait hier Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Vendredi 17 avril, à minuit heure locale, le cessez-le-feu entre Israël et le Liban, incluant le Hezbollah pro-iranien, est entré en vigueur. Le Président libanais, Joseph Aoun, a souligné l’importance d’un cessez-le-feu avant des négociations directes avec Israël.

De son côté, le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, a salué une occasion de « paix historique » avec Beyrouth, tout en précisant que les forces armées israéliennes resteraient « dans le sud du Liban dans une bande frontalière de 10 km de profondeur ».

 

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Le facteur Hezbollah

Seulement quelques heures après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée libanaise évoquait « un certain nombre de violations de l’accord, plusieurs actes d’agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages ».

Le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah annonçait avoir répliqué par des tirs visant des soldats israéliens.

Malgré tout, hier, le mouvement politique et militaire chiite affirmait sa volonté de respecter le cessez-le-feu « de manière prudente (…) à condition qu’il s’agisse d’un arrêt global des hostilités contre nous et qu’Israël ne l’exploite pas pour mener des assassinats » de ses membres.

Pour le département d’Etat américain, la maîtrise des actions du Hezbollah reste un point clé pour le respect du cessez-le-feu et un éventuel accord de paix :

« Avec le soutien de la communauté internationale, le gouvernement libanais prendra des mesures concrètes pour empêcher le Hezbollah et tous les autres groupes armés non-étatiques rebelles présents sur le territoire libanais de mener des attaques, des opérations ou des activités hostiles contre des cibles israéliennes ».

 

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Impact humanitaire

« L’Organisation des Nations Unies (…) demeure prête à soutenir ces efforts et continue d’appeler à la pleine application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité — une application intégrale qui doit ouvrir la voie à un cessez-le-feu permanent et à une solution durable au conflit », annonçait hier Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, dans un communiqué.

Une déclaration nuancée par l’ampleur du chantier humanitaire au Liban. L’organisation a recensé plus de 1,2 million de personnes déplacées, vivant dans des conditions précaires, dans l’impossibilité de rentrer chez elles.

En outre, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), parmi ces personnes déplacées, plus de 140 000 étaient actuellement accueillies dans plus de 700 sites collectifs à travers le Liban, dans des conditions indignes.

Pour l’OIM, le cessez-le-feu est une première étape, mais « il est essentiel de le maintenir pour sauver des vies et permettre aux populations de se reconstruire ».