Décès de Rachid Mekhloufi, légende de Saint-Étienne et symbole de l’Algérie indépendante

 Décès de Rachid Mekhloufi, légende de Saint-Étienne et symbole de l’Algérie indépendante

Le joueur de football Rachid Mekhloufi, le 01/01/1950 (D). Photo : AFP / STF

Rachid Mekhloufi, l’un des plus grands joueurs de l’histoire de l’AS Saint-Étienne (ASSE) dans les années 1950 et 1960, est décédé à l’âge de 88 ans, a annoncé son ancien club ce 8 novembre 2024. Ancien attaquant des sélections française puis algérienne, il est devenu un symbole fort de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.

 

Sous le maillot vert de Saint-Étienne, Mekhloufi a enchaîné les buts et les titres. Dès 1956, ses performances lui ouvrent les portes de l’équipe de France. Promis à une carrière exceptionnelle, ce buteur au talent éclatant semblait destiné à briller au plus haut niveau.

Mais au printemps 1958, Mekhloufi prend une décision inattendue : il quitte la France avec d’autres joueurs pour rejoindre l’équipe constituée par le Front de libération nationale (FLN) algérien. Pendant quatre ans, cette équipe du FLN parcourt le monde, disputant des matchs en Asie et en Europe de l’Est pour promouvoir pacifiquement la cause de l’indépendance de l’Algérie, tandis que la guerre fait rage.

En 1962, à l’indépendance de l’Algérie, l’équipe du FLN se dissout, et Mekhloufi, devenu un héros pour son peuple, retrouve Saint-Étienne en tant qu’international algérien. En 1968, il marque les deux buts décisifs de la finale de la Coupe de France remportée par les Verts face aux Girondins de Bordeaux. Lors de la remise du trophée, le président français Charles de Gaulle lui adresse ces mots : « La France, c’est vous ! »

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.