Décès du critique de cinéma Mouloud Mimoun

 Décès du critique de cinéma Mouloud Mimoun

Didier Allard / Ina / Ina via AFP et Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Mouloud Mimoun s’est éteint à Paris où il vivait, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 novembre, des suites d’une longue maladie, a-t-on appris dans un communiqué publié ce mardi par les responsables du Maghreb des Livres, association dont cet ancien journaliste, critique de cinéma, et réalisateur était membre fondateur. Mouloud Mimoun avait 79 ans.

 

Il s’était fait connaître du grand public en 1977 avec l’émission Mosaïque, diffusée le dimanche matin sur FR3 où il livrait chaque semaine une Chronique Cinéma. « Mosaïque » devient très vite une référence, une porte ouverte sur les cultures de l’immigration.

Né en 1944 en France au sein d’une famille algérienne immigrée, Mouloud Mimoun a passé les premières années de sa vie à Paris. C’est là qu’il développe une passion précoce pour le cinéma, une passion qui allait le suivre tout au long de sa vie.

En 1954, à l’âge de 10 ans, Mouloud Mimoun retourne en Algérie avec sa famille. En 1962, Mouloud Mimoun est approché par un responsable du FLN qui l’engage en tant que secrétaire à l’organisation.

À l’indépendance de l’Algérie, il devient, à seulement 18 ans, le benjamin des journalistes de l’APS (Algérie Presse Service), où il est chargé de couvrir la jeunesse et les sports. C’est là qu’il fait ses premiers pas dans le monde du journalisme.

Passionné par les salles obscures, il commence enfin à écrire sur le cinéma dans le quotidien « El Moudjahid » et l’hebdomadaire « Algérie-Actualité. » En 1965, il rejoint l’Office des Actualités Algériennes, où il devient rédacteur en chef. Il devient également l’un des principaux animateurs de la cinémathèque d’Alger. De retour en France, Mouloud Mimoun occupe plusieurs rôles importants dans le monde du cinéma.

Après la disparition de l’émission « Mosaïque » (1977-1987), Mouloud Mimoun continue de contribuer au monde du cinéma en réalisant des documentaires pour Arte, en écrivant des articles pour la presse spécialisée, et en présentant la « Nuit du Ramadan » sur France 2.

En 2009, Mouloud Mimoun, aux côtés d’amis, fonde « Le Maghreb des Films, » une association visant à promouvoir les cinématographies du Maghreb et à faciliter leur diffusion.

« Avec lui, disparait le plus cinéphile des parigots algériens ; le voilà donc, de nouveau réuni, avec ses vieux copains de la grande cinémathèque d’Alger, Lyazid Khodja et Farouk Beloufa dont nous saluons également la mémoire. Il nous manquera et… pas, car il sera toujours à nos côtés, avec nous. Nous t’avons aimé Mouloud, nous t’aimons et t’aimerons encore ; ne l’oublie pas ! », ont réagi les responsables de Maghreb des films.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.