Départementales. “Quand la gauche est divisée, elle perd”, Karim Bouamrane maire socialiste de Saint-Ouen

 Départementales. “Quand la gauche est divisée, elle perd”, Karim Bouamrane maire socialiste de Saint-Ouen

Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen. Crédit photo : François Lafite

Pour les élections départementales qui auront lieu dans dix jours (20 et 27 juin), et où 21 cantons sont à renouveler, les partis de gauche et les écologistes ont réussi à s’entendre en Seine-Saint-Denis. Pour conserver la majorité au Conseil départemental, la gauche a décidé donc de présenter une liste commune dès le premier tour. Avec le Parti communiste, des accords ont été signés au cas par cas. Comme à Saint-Ouen, un canton actuellement à droite, où le maire socialiste Karim Bouamrane, fort de sa victoire aux dernières municipales en juillet dernier se présente avec la communiste Emilie Lecroq face au duo William Delannoy (UDI) et son ex-adjointe Marina Venturini.

Karim Bouamrane qui donne rarement des interviews a accepté de répondre à nos questions.

LCDL : Beaucoup ont été étonnés de vous voir faire alliance avec celles et ceux que vous avez combattus pendant les municipales …

Karim Bouamrane : Je ne les ai jamais combattus. Avec le Parti communiste, nous avions juste des divergences politiques et c’est très bien. Le débat d’idées fait avancer les choses.

En tant que maire, je me devais de leur tendre la main. Nos désaccords étaient secondaires par rapport à l’intérêt des habitants de notre département. Le rassemblement, beaucoup le revendiquent, peu l’actionnent. Quand la gauche est divisée, elle perd. Nous, on a décidé de faire l’inverse.

A-t-il été difficile de les convaincre ?

Pas du tout, cela s’est fait naturellement. Et depuis que nous nous sommes rassemblés, nous travaillons en bonne harmonie avec Emilie Lecroq (NDRL : conseillère municipale communiste de Saint-Ouen-sur-Seine). Nous avançons main dans la main.

On sent très peu d’engouement pour cette élection …

C’est toujours plus compliqué de mobiliser pour les élections départementales. Cette année, encore plus. Depuis quelques jours, les Français tentent de reprendre une vie « normale » et on leur demande de se rendre aux urnes. En plus, cette année, les élections départementales tombent en même temps que les Régionales. A l’avenir, il faudrait dissocier les élections nationales des élections locales.

Nous faisons ici à Saint-Ouen un gros travail pédagogique pour expliquer aux habitants l’importance d’une telle élection. De manière plus générale, depuis quelques années, il y a chez nos concitoyens un désintéressement de la vie politique.

Chaque semaine, nous recevons à la mairie des scolaires. Il faut préparer toute une génération au civisme et leur rappeler l’importance du vote.

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Vous êtes maire de Saint-Ouen, si vous êtes élu le 27 juin prochain, vous deviendrez également conseiller départemental. Quid du cumul des mandats ?

La loi n’interdit pas d’être maire et conseiller départemental. Ce sont deux fonctions qui se complètent.

Si je suis élu au département de Seine-Saint-Denis, je pourrai en tant que maire-conseiller départemental renforcer la dynamique que nous avons lancée au bénéfice des habitantes et des habitants de Saint-Ouen, et la partager avec L’Île-Saint-Denis et Epinay.

Justement, à quoi sert un conseil départemental ?

Ses compétences ont été élargies ces dernières années. Le conseil départemental s’occupe de l’action sociale, de la gestion des collèges, de l’entretien de la voirie et de la gestion du RSA. C’est pour cela qu’il est primordial que le conseil départemental reste à gauche. En Seine-Saint-Denis, plus qu’ailleurs, les habitants ont besoin d’être soutenus.

Qu’avez-vous l’intention de mettre en place si vous êtes élu ?

Si nous sommes élus aux départementales, nous mettrons le paquet sur la politique du handicap, mais aussi renforcer la sécurité aux abords des collèges, donner à ces établissements un rayonnement international et développer encore plus l’accès à la culture.

Ici aussi en Seine-Saint-Denis, nous avons droit à l’excellence. Nous devons aussi utiliser l’opportunité des Jeux Olympiques pour créer de l’emploi local. Et puis, nous avons ce gros projet de navette fluviale : bientôt, les habitants pourront aller d’Epinay à La Défense en bateau.

 

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Nadir Dendoune