Etats-Unis. Rima Dudin, première femme arabe à la Maison-Blanche

 Etats-Unis. Rima Dudin, première femme arabe à la Maison-Blanche

Rima Dudin, nommée adjointe du Bureau des affaires légales de la Maison-Blanche par Joe Biden, le 02-12-2020.

Pour la première fois, une femme arabe devient directrice adjointe du Bureau des affaires légales de la Maison Blanche. Rima Dudin, une américaine d’origine palestinienne, a été nommée à ce poste par Joe Biden le 2 décembre dernier. Elle devrait prendre ses fonctions le 20 janvier, date officielle du début du nouveau mandat présidentiel.

Née en Californie, Rima Dudin est la fille de deux palestiniens, Samia et Bajis Dudin. Militante en faveur du droit des femmes, elle est également membre du mouvement propalestinien Boycott, Divestment, Sanctions (BDS) qui demande la fin de l’Occupation israélienne en Palestine. Cette ancienne de Berkeley et de l’Université de l’Illinois a fait ses armes en travaillant auprès du comité judiciaire pour les droits de l’homme du Sénat, au sein de l’équipe de campagne de Barack Obama, puis en tant que directrice-adjointe du cabinet du sénateur démocrate Dick Durbin.
Incarnation pour les uns d’un espoir retrouvé, Rima Dudin représente, pour d’autres, une menace. La chaîne israélienne i24 rappelle ainsi que cette militante propalestinienne « prenait la parole en 2002, au plus fort de la frénésie terroriste palestinienne qui tuait des Israéliens quotidiennement, pour défendre les attaques en disant que les kamikazes étaient les derniers recours d’un peuple désespéré ».
Rima Dudin est « connue et reconnue pour justifier les attaques contre les Juifs », estime la chaîne, qui prétend également que la jeune femme serait en lien avec une organisation américaine pro-islamique. Une information difficile à vérifier et qui paraît peu plausible. On imagine mal Joe Biden, sioniste autoproclamé et considéré comme proche de certains lobbys pro-israéliens tels que l’Aipac, faire un choix aussi marqué politiquement.

Une affaire de symboles

Les critiques s’étendent également à certaines voix arabes. Rima Dudin est originaire du village de Dura, dans la région d’Hébron, en Cisjordanie occupée. Et, comme beaucoup de Palestiniens, elle est détentrice d’un passeport jordanien. Mais certains, sur les réseaux sociaux, dénoncent une attitude complaisante qu’aurait eue la famille Dudin à l’égard des sionistes dans les premières années de l’État israélien. À l’instar de ce qu’écrit un internaute sur Twitter : « Joe Biden a engagé une Palestinienne issue d’une famille de collaborateurs sionistes. Son grand-père, Mustafa Dudin, a fondé les ligues de villages d’Hébron et était un ami de Yigal Carmon, le gouverneur militaire israélien chargé de la ville».
S’il est peu probable que ce choix affecte la ligne politique au Proche-Orient annoncée par le candidat Biden, la nomination de Rima Dudin restera donc une affaire de symboles.
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.