Bobigny : Trois morts dans l’incendie d’un immeuble

 Bobigny : Trois morts dans l’incendie d’un immeuble

Mathias Zwick / Hans Lucas / AFP


Un drame qui en rappelle tant d’autres qui touchent souvent les mêmes, les plus précaires. Une femme de 20 ans et deux fillettes, l’une de 3 ans et l’autre « entre 5 et 7 ans », sont mortes ce jeudi 27 décembre au soir dans un incendie qui s’est déclaré dans un immeuble de la cité Paul-Eluard de Bobigny (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris auprès des pompiers.


 


Les trois victimes ont été retrouvées « à proximité ou dans l’ascenseur » de cet immeuble d’habitation, a précisé un porte-parole de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).


Elles sont mortes « intoxiquées par les fumées » du sinistre, qui s’est déclaré vers 21 h 20.


Trois personnes « ont pu être sauvées mais sont dans un état grave », a indiqué la même source. L’incendie, qui a été maîtrisé peu après 23 heures, a démarré dans un appartement du premier étage et s’est « propagé horizontalement ».


A leur arrivée sur place, les pompiers ont demandé aux habitants de rester confinés chez eux, à l’instar de Sonia, 20 ans, qui habite au quatrième étage. « J’ai paniqué. On a entendu les pompiers frapper à la porte. Ils nous ont dit de rester confinés. On est restés plus de deux heures chez nous ». 


L’incendie, dont la cause n’a pas encore été déterminée, a nécessité l’intervention d’une centaine de pompiers. Le ministre de la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a affirmé dans un Tweet « toute la lumière [devrait] être faite sur les raisons de ce drame », en exprimant ses « pensées émues aux familles des victimes » et son « hommage au travail des équipes de secours ».


Le feu aurait pris dans une chambre avant de se propager. Pris de panique, les habitants de l’appartement se seraient précipités à l’extérieur en criant à leurs voisins de sortir eux aussi. Laetitia, qui habite au rez-de-chaussée, était, elle, à l’extérieur du bâtiment lorsqu’elle a vu les flammes :


«J’ai crié aux locataires de sortir. Les gens ont paniqué. J’ai vu des gens sortir brûlés. »


L’immeuble, situé à une centaine de mètres de la mairie de Bobigny, « n’est pas insalubre », a précisé Sonia : « J’en ai vu des incendies depuis que j’habite ici, mais c’est la première fois qu’il y a des morts. »


Zafer, qui habite aussi l’immeuble, dit avoir « déjà signalé à plusieurs reprises à l’office HLM que les normes de sécurité ne sont pas respectées dans la tour », répétant que l’immeuble « n’est pas insalubre ».


Deux heures après que les pompiers eurent maîtrisé le sinistre, les habitants étaient autorisés à renter chez eux. Le gymnase Paul-Eluard, situé à quelques mètres, a été mis à la disposition des locataires de l’immeuble incendié. Des lits de camps et des boissons chaudes étaient proposés mais à peine une dizaine de personnes se trouvaient dans l’établissement.


Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame intervient. Plusieurs incendies meurtriers se sont produits en Seine-Saint-Denis cette année.


Le 30 juillet, un feu dans un immeuble d’Aubervilliers avait provoqué la mort d’une mère et de ses trois enfants. Un enfant de 10 ans, soupçonné d’avoir provoqué le sinistre en jouant avec un briquet et un torchon dans l’immeuble, avait été inculpé. Pénalement non responsable en raison de son âge, il avait été contraint à une mesure d’éloignement de la commune.


A peine un mois plus tard, un incendie dans un immeuble d’habitation de la même commune avait blessé grièvement sept personnes, dont cinq enfants.


Samedi soir, deux hommes sont morts après l’incendie d’un pavillon qu’ils squattaient à Drancy.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.