Farida Amrani, députée française, arrêtée par la marine israélienne en route vers Gaza

 Farida Amrani, députée française, arrêtée par la marine israélienne en route vers Gaza

Photo : DR

Elle était partie pour témoigner, pour aider, pour ne pas détourner le regard. Ce matin, quelque part entre les flots bleus de la Méditerranée et l’injustice qui s’y répète depuis trop longtemps, la députée franco-marocaine de l’Essonne Farida Amrani a été interceptée par la marine israélienne.

À bord de la flottille humanitaire “Thousand Madleens”, partie de Catane, en Sicile, une cinquantaine de militants, médecins, bénévoles, simples citoyens. Leur mission ? Acheminer de l’aide médicale et alimentaire aux civils de Gaza, épuisés par des mois de siège et de bombardements.

Mais à plus de 200 kilomètres des côtes, en pleine mer internationale, la marine israélienne a fait irruption. Sirènes, mégaphones, commandos cagoulés. L’arraisonnement a été brutal, méthodique. Le droit international, lui, a une fois de plus été balayé comme une bouée en plastique dans la houle.

Farida Amrani, née à Ajdir, dans la région de l’Oriental au Maroc, vice-présidente du groupe d’amitié France–Maroc à l’Assemblée nationale, n’en est pas à son premier combat. Syndicaliste, militante de terrain, elle a toujours mêlé la parole et l’action.

Avant son départ, elle avait pourtant prévenu les autorités françaises : les risques étaient connus, les précédents nombreux. Elle avait demandé une protection diplomatique pour les ressortissants français et binationaux à bord. Silence radio.

Aujourd’hui, c’est le mutisme qui domine. Le Quai d’Orsay se dit “préoccupé”. Les familles, elles, sont surtout en colère. Parce qu’au-delà de la députée, ce sont des hommes et des femmes venus porter des médicaments, du riz, du lait pour enfants qu’on a menottés. Parce qu’au-delà d’un bateau, c’est une idée de la solidarité qu’on tente de couler à coups d’armes automatiques.

Et pendant que les diplomates comptent les communiqués, Gaza continue de compter ses morts.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.