Dix-huit mois de prison ferme pour l’ex-compagne d’un homme battu

 Dix-huit mois de prison ferme pour l’ex-compagne d’un homme battu

Maxime Gaget ex-compagnon de Zakia Medkour condamnée


 


Poursuivie pour avoir infligé des violences graves pendant quinze mois à son ex-compagnon, Zakia Medkour a été condamnée, ce jeudi 28 mai, à trois ans de prison dont dix-huit mois de sursis avec mise à l’épreuve. Elle devra également verser plus de 200 000 euros d’indemnisation à Maxime Gaget, victime de ces violences conjugales.


 


Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que la peine constituait « le minimum compte tenu de la gravité des faits et le maximum compte tenu de leur ancienneté ». Elle est toutefois moins importante que la peine de cinq ans de prison ferme requise par la procureure lors du procès le 9 avril dernier au titre que « les actes reprochés à Mme Medkour [allaient] au-delà de la violence ».



Maxime Gaget avait rencontré Zakia Medkour en 2007 sur Internet, puis il avait emménagé rapidement avec elle, dans un studio où vivaient également les deux enfants de sa compagne. Très vite, il était devenu un « esclave domestique », dépouillé de ses économies, subissant divers sévices comme des brûlures de cigarettes ou l’ingestion forcée d’éponges et de produit lave-vitre.


Menacé d’être dénoncé comme pédophile s’il s’opposait à son ex-compagne, Maxime Gaget confiait, le 10 mars 2015, dans un portrait du journal Libération n’avoir trouvé « aucune échappatoire ». « Ce n’est pas évident de se dire qu’on s’est fait taper par une femme. Mais une femme n’est pas forcément fragile, elle peut être aussi cruelle. »



A l’annonce du verdict, Houria Si Ali, l’une des avocates de Zakia Medkour, a affirmé qu’il s’agissait d’« une décision juste ». La peine étant aménageable, la prévenue n’ira pas automatiquement en prison. « Je m’attendais peut-être à une sanction plus ferme, elle s’en tire vraiment à très bon compte », a commenté Maxime Gaget, qui va « enfin pouvoir tourner la page ».



Si les femmes restent, de loin, les premières victimes de violences conjugales, le cas des hommes battus ou maltraités est moins exceptionnel qu'on pourrait le croire. Selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, 149 000 hommes ont été victimes de violences au sein de leur couple en 2012 et 2013….


(Avec AFP)


Nadir Dendoune

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.