Eric Cantona sur Arte: « Je trouve scandaleux qu’on condamne Dieudonné »

 Eric Cantona sur Arte: « Je trouve scandaleux qu’on condamne Dieudonné »

E. Cantona: « Qu’on condamne un Dieudonné


Interrogé dans l’émission de débats 28 minutes diffusée du lundi au vendredi à 20h05, Eric Cantona, 49 ans, en ce moment à l’affiche au cinéma avec « Les rois du monde » et au théâtre avec « Victor », n’a pas mâché ses mots et a défendu la liberté d’expression pour tous.


 


Pour tous hein (!), pouvoir parler de tout, rire de tout, pas une liberté d’expression réservée à une élite, aux Bobos parisiens et consorts, pas une liberté d’expression à géométrie variable, donc….


Ce soir, c’est relaxe au théâtre pour Eric Cantona, alors le voici sur le plateau de 28 minutes, chemise bleu à carreaux, très détendu. Après un bref portrait de l’ancien footballeur, Elisabeth Quin, la présentatrice de l’émission, lui pose quelques questions.


Et le débat arrive très vite sur la liberté (ou non) de rire de tout. Elle : « Vous regrettez qu’on ne puisse plus rire de tout ? ». Lui : « Oui, je le regrette vraiment ». Elle reprend : « Parce qu’on s’autocensure ? ». Eric Cantona la coupe : « On s’autocensure et on nous censure, et comme on nous censure, on s’autocensure », lâche Canto.


« Vous vous sentez censuré ? », enchaîne la journaliste. « Moi non pas du tout, mais je fais pas de comédie moi », répond-t-il. Ajoutant : « Il en existe encore quelques-uns, des gens qui disent des choses, mais ils sont de plus en plus rares et faut qu’ils soient vraiment courageux, et qu’ils aient vraiment du talent pour exister ».


Elisabeth Quin s’engouffrant dans la brèche, s’attendant à ce que l’ancien footballeur rende hommage à « Charlie » « Vous pensez par exemple aux dessinateurs ou caricaturistes de Charlie Hebdo quand vous dites il faut du courage pour exister ? », interroge Elisabeth Quin.


« Je pense pas particulièrement à eux», tacle Cantona. « Je pense à pleins de gens, je pense à des Dieudonné. On peut rire de tout et on est pas obligé d’être d’accord avec ce qu’ils se racontent mais on doit pouvoir rire de tout, y compris de choses très graves », continue le comédien.


« Qu’on condamne un Dieudonné, je trouve ça scandaleux. Il peut tenir les propos qu’il tient, sur tout et tout le monde. Il touche à des choses très sensibles, du coup on le censure. Une politique de gauche, en plus, qui censure un Dieudonné… », s'insurge Cantona, reconnaissant ne « pas partager ce qu’il raconte».


Les journalistes lui rappelant que c’est de l’ordre du délit et que c’est la loi qui a condamné l’humoriste Dieudonné. Eric Cantona n’en démord pas : « Qui fait la loi ? C’est très subjectif. Qui a un moment donné dit que c’est condamnable ? Justement, on doit pouvoir parler de tout. On se retrouve à un dîner et il est interdit de parler de certaines choses ».


Avant de partir, Eric Cantona questionnant les journalistes : « Pourquoi c’est plus sain d’entendre Finkielkraut et non Tarik Ramadan ? ».


 


Nadir Dendoune


 
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.