L’île-Saint-Denis. Un ancien élu de la majorité se lance seul dans la bataille des Municipales

 L’île-Saint-Denis. Un ancien élu de la majorité se lance seul dans la bataille des Municipales


Ancien conseiller municipal de la majorité écolo, (il a démissionné il y a quelques mois), Henry Pemot a décidé de partir seul à l’assaut de la ville. Avec son collectif « Vous Nous’Île » (VNI), il espère devenir le prochain maire de l’Ile-Saint-Denis (93).


Vous avez démissionné il y a peu de votre poste de conseiller municipal. Que reprochez-vous à vos anciens "amis" ? 


 Cela n’a pas été une décision facile à prendre. Pour certains, ce sont toujours des amis, voire des parents. Toutefois, l’avenir d’une ville requiert du recul et donc il est nécessaire parfois de prendre de la distance au-delà des liens affectifs afin de servir un projet citoyen qui est cher à chacun de nous.


 D’un point de vue politique, nous avons des divergences profondes qui existaient déjà lorsque j’ai intégré l’équipe en 2014 et que j’espérai infléchir à travers le dialogue. Cela n’a pas été le cas. L’équipe municipale a une manière de faire de la politique qui rend difficile le pouvoir d’agir des habitants, peu concertés. Les relations sont aussi complexes avec les principaux partenaires de la ville (les écoles, les associations…). 


Pourquoi voulez-vous être maire ? 


 Cela a été un long processus et surtout une décision collective, mûrement réfléchie, et naturelle au vu de la dégradation de notre cadre de vie ou encore de l’inefficience de certaines décisions prises par la majorité municipale dans la précipitation. 


Notre ville a été pendant longtemps un village, où tout le monde se connaissait, où le vivre ensemble voulait dire quelque chose. Aujourd'hui, nous en sommes loin. Ce qui a pour résultat d'accroître le sentiment d’insécurité chez bon nombre d’habitants (et de plus en plus de cambriolages en plein jour). La politique jeunesse est également quasi inexistante dans notre ville. Tout est centré sur le développement d’infrastructures. Cela mène à un urbanisme incontrôlé, en désaccord avec les exigences environnementales.


 N'était-il pas possible de trouver un terrain d'entente avec les autres partis d'opposition, comme les communistes ? 


Nous sommes un collectif citoyen et nous sommes donc naturellement ouvert à toute personne souhaitant se mobiliser pour un meilleur avenir. Ce qui nous rassemble au sein de VNI, c’est le projet local que nous construisons ensemble. Aussi, la collaboration avec toutes les personnes repose sur une vision et des idées que nous construisons et partageons tous ensemble. Toutes les listes qui nous ont approché l’ont toujours fait, avec des pratiques anciennes et très politiciennes, sans échange sur les idées et les éléments de convergence qui feront le programme à présenter aux habitants et à appliquer par la suite.


 Vos premières mesures si vous êtes élu ?


 Elles iront clairement en faveur de l’éducation et de la tranquillité publique. Pour lutter contre les inégalités scolaires, nous avons prévu de mettre en place un petit-déjeuner pour les enfants à l’école, mais aussi des études du soir après les cours dispensées par des professionnels aux élèves de l’élémentaire et du collège, développer l’apprentissage aux usages numériques dans les écoles de la ville. Autre volet important : la lutte contre l'insécurité. Pour retrouver de la sérénité, si nous sommes élus, nous allons créer un pôle de médiateurs. Leur présence dans les rues de la ville va permettre de renouer le dialogue entre les différentes catégories de population de la ville. Il faudrait aussi réaménager certains espaces publics pour permettre à chacun de circuler et de se promener en toute sécurité. Et puis, il est indispensable à quelques années des Jeux Olympiques de tout faire pour que soit créé, en coopération avec l'Etat, un commissariat dans le cadre des JO sur l’Île.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.