Polémique autour de la photo du garçon au parapluie : le maire de Pierrefitte porte plainte

 Polémique autour de la photo du garçon au parapluie : le maire de Pierrefitte porte plainte


 


C’est la photo qui fait polémique en ce moment sur les réseaux sociaux. Celle où on voit un petit garçon « noir », prénommé Tom, que beaucoup ont pris pour une petite fille, tenant un parapluie au maire « blanc » socialiste de Pierrefitte, Michel Fourcade, à une commémoration en hommage aux victimes de l’esclavage qui a eu lieu ce dimanche 22 mai Square Nelson Mandela dans cette banlieue située au nord de Paris.


 


Un cliché pris par Ammar Rahouani, adjoint à l’action sociale, qu’il a partagé avec son téléphone dans la foulée sur son mur Facebook, « sans penser qu’elle créerait autant de polémiques », explique ce dernier, joint au téléphone.


Une photo que publie Michel Fourcade (retirée depuis) sur son compte Facebook qu’aperçoit Karim Boualem, l'ancien assistant du député socialiste Daniel Goldberg.


Karim Boualem partage l’image, ajoutant le commentaire suivant : « le sens des images et le choc des photos ». Il n’en faut pas plus pour que des dizaines de milliers d’internautes le rejoignent  en manifestant leur indignation.


Rappel des faits : comme chaque année, depuis 2008, la ville de Pierrefitte rend hommage  aux victimes de l'esclavage colonial, organisée conjointement avec l'AMU, l’association mémoires ultramarines.


« Comme à chaque commémoration Tom, « le garçon au parapluie » lit un poème d’Aimé Césaire, comme nous le détaille Ammar Rahouani. La cérémonie arrive à son terme et le maire commence son discours tandis qu’il commence à pleuvoir. « C'est de manière spontanée sans que personne ne le sollicite que Tom a ouvert son parapluie pour protéger le Maire », souligne le maire adjoint.


« Un conseiller municipal avait entamé le même mouvement, mais il a été devancé par Tom. Ce jeune est d'une extrême gentillesse et il fait ce geste d'ouvrir son parapluie comme il l'aurait fait pour quelqu'un d'autre », continue Ammar Rahouani. « Ses grands parents étaient présents et ce sont des militants actifs de l'AMU, donc il est tout le contraire d'un gamin manipulé ou manipulable », embraie le maire adjoint.


Pour la mairie, cette polémique est une « récupération politique ». Elle accuse clairement Karim Boualem. « Il a été imité en cela par Karim Bouamar, l'ancien assistant de Michel Fourcade au Conseil général, qui est dans une démarche particulière après l'échec de sa candidature aux municipales », indique-t-on dans l’entourage du maire.


« Faux, répond  Karim Boualem. Je rappelle que l’image était publique et partagée par M. le maire en personne »,se défend l’ancien socialiste. « Oui, cette photo m’a choqué. Mais je n’ai rien dit de calomnieux. Je n’ai rien de personnel contre Michel Fourcade et je n’ai jamais dit qu’il était raciste mais dans ces moments de vive tension entre communautés, il faut faire attention », continue Karim Boualem. « Pour moi, c’est plus une erreur terrible de communication ».


D’après nos informations, le maire de Pierrefiite, Michel Fourcade aurait porté plainte ce mardi 23 mai au procureur de la République contre Karim Boualem. L’affaire n’est donc pas finie.


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.