Haute-Loire : un homme armé menace des enfants, soupçons de racisme

Une enquête a été ouverte après des accusations de menaces avec arme visant des enfants en Haute-Loire. © KENZO TRIBOUILLARD / AFP
En Haute-Loire, un groupe d’enfants a été poursuivi par un homme armé d’une carabine à plomb, qui aurait proféré des insultes racistes. L’homme incriminé a donné une version bien différente.
« Il leur a couru après avec une carabine à plomb, tout en disant : “Dehors les noirs et les Arabes !” », témoignait la tante d’un des enfants âgé de 10 ans, interrogée par le quotidien Le Progrès.
C’est dimanche 19 avril, dans la commune d’Espaly-Saint-Marcel, que cet homme de 65 ans a poursuivi un groupe d’enfants. Il les aurait menacés en proférant des insultes racistes et un tir aurait été effectué en leur direction.
L’homme a été interpellé, placé en garde à vue puis relâché lundi soir 20 avril. Le sexagénaire a fait l’objet d’une convocation par officier de police judiciaire pour des faits de violences avec arme. Une plainte a été déposée au commissariat du Puy-en-Velay.
Versions contradictoires
La version du mis en cause diffère des témoignages recueillis par Le Progrès.
« Une personne âgée de 65 ans a été placée en garde à vue après que des personnes, dont les enfants jouaient dans la résidence, ont signalé qu’elle avait exhibé une arme », selon le parquet du Puy-en-Velay.
Le suspect a déclaré s’entraîner au tir dans son garage lorsque les enfants l’auraient traité de « sale Français ». « Un coup est parti, (l’auteur) le reconnaît, mais parle d’un accident. Un seul enfant dit qu’il a été visé, mais aucun autre ne dit avoir été pointé », et « aucun témoin ou victime ne fait état de propos racistes prononcés », précisait le parquet.
Par ailleurs, ce dernier indique qu’à ce stade de la procédure, aucun propos raciste « n’a été évoqué par les témoins ou les victimes ».
Réactions et prudence
Dans un communiqué publié le 22 avril, SOS Racisme a vivement réagi : « SOS Racisme s’inquiète vivement de la réponse judiciaire à ce stade : le mis en cause a été remis en liberté et fait l’objet d’une simple convocation pour “violences avec arme”, sans que la circonstance aggravante de racisme n’ait été retenue ».
Dans un message publié sur X le même jour, le groupe des élus Socialistes, Écologistes et Démocrates d’Auvergne-Rhône-Alpes a condamné cet acte « avec fermeté » et dénoncé la « conséquence d’une banalisation de l’extrême droite ».
Interrogée par Le Progrès, la maire d’Espaly-Saint-Marcel, Christiane Mosnier, a indiqué avoir été informée de l’incident par le commissariat. L’édile a appelé à la prudence : « Ce n’est pas acceptable. Mais j’attends d’avoir tous les éléments car la police n’a pas encore confirmé ces faits de racisme ».
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