Des journaux juifs ultra-orthodoxes effacent les photos des femmes du gouvernement israélien

 Des journaux juifs ultra-orthodoxes effacent les photos des femmes du gouvernement israélien


Deux importants journaux israéliens ultra-orthodoxes ont effacé les visages et les corps des femmes du nouveau gouvernement sur la photographie officielle du cabinet de Benjamin Netanyahou distribuée à la presse.


La photo litigieuse ? Celle du 34e gouvernement israélien, prise ce mardi 19 mai à Jérusalem et sur laquelle se trouvent trois femmes : la ministre des Sports et de la Culture, Miri Regev, celle de la Justice, Ayelet Shaked, et celle des Personnes âgées, Gila Gamliel. Elles sont entourées de 21 hommes.


Le site ultra-orthodoxe Behadrey Haredim a publié la photo en floutant les visages des femmes. « Il est triste de voir que Behadrey Haredim est entré de plein-pied dans le XXIe siècle, mais qu'en ce qui concerne les femmes, il en est encore au Moyen Âge », a réagi Uri Regev, un rabbin libéral.


Quant à la presse papier ultra-orthodoxe, dans sa grande majorité, elle a carrément choisi de ne pas publier la photo incriminée ! Et, l’hebdomadaire Yom Leyom, vu comme proche du parti ultra-orthodoxe Shass, membre de la coalition gouvernementale, il a publié jeudi la photo… en effaçant toutes les femmes de l'image.


Seul un pied de Gila Gamliel a survécu au passage par Photoshop. Ce n’est évidemment pas une première, puisque les journaux ultra-orthodoxes préfèrent suivre les traditions et évitent de publier des images montrant des femmes. Au diable l'information…


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.