Israël rase un campement bédouin en Cisjordanie occupée

 Israël rase un campement bédouin en Cisjordanie occupée

Un drapeau israélien levé face à la vallée du Jourdain, le 11 septembre 2019 à Meirav, Israël. Netanyahu s’était engagé à annexer la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée, s’il était réélu lors des élections israéliennes du 17 septembre. AMIR LEVY / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

Les forces israéliennes ont démoli ce mercredi 3 février les maisons « illégales » de quelque 60 bédouins palestiniens dans la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée.

Des bulldozers israéliens ont abattu des tentes et des toilettes portables appartenant à des familles de Bédouins à Homsa al-Baqia. Un village de fortune près de Tubas en Cisjordanie que les forces israéliennes avaient déjà démoli en novembre, rendant environ 73 Palestiniens, dont 41 enfants, sans abri, selon les Nations unies.
Des observateurs internationaux se sont rendus sur place alors où ils ont trouvé des tentes détruites, des panneaux solaires brisés et des réservoirs d’eau cassés. Une partie de ces équipements aurait été achetée avec des fonds européens.
Le COGAT, la branche de l’armée israélienne responsable des affaires civiles en Cisjordanie, a publié les justification de ces démolitions dans un communiqué. Les structures avaient été construites illégalement dans une zone d’entraînement militaire, selon le document. Et « les résidents avaient accepté de démonter les tentes ».
Cependant, le COGAT a déclaré que les familles avaient changé d’avis et que, par conséquent, mercredi, « les dernières tentes encore présentes sur le site ont été confisquées ».
Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a condamné les démolitions, qu’il a qualifiées de « destruction méthodique de la possibilité d’un État palestinien ».
B’Tselem, un groupe de défense des droits de l’homme qui suit les actions israéliennes en Cisjordanie occupée et à Gaza a apporté une autre version des faits. Il a accusé Israël d’avoir mené délibérément cette opération alors que l’attention du monde était focalisée sur les élections américaines.
« L’anéantissement de toute une communauté en une seule fois est extrêmement rare », a déclaré Amit Gilutz, un porte-parole de B’Tselem. « Il semble qu’Israël ait attendu que l’attention de tout le monde soit fixée ailleurs pour faire avancer cet acte inhumain ».
La vallée du Jourdain se trouve dans la zone C, sous contrôle civil israélien conformément aux accords d’Oslo. Selon ces accords, Israël est responsable de la planification et de la construction dans la zone.
Les Palestiniens de la zone C se heurtent souvent aux autorités israéliennes pour ce qu’Israël considère comme des constructions illégales. Israël affirme que les Palestiniens violent la loi et s’engagent dans des constructions dans des zones illégales. Tandis que les Palestiniens soutiennent qu’Israël ne leur délivre pas suffisamment de permis ou ne légalise pas les villages existants.
Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.