Colonies israéliennes : Des appels d’offres pour 2500 nouveaux logements

 Colonies israéliennes : Des appels d’offres pour 2500 nouveaux logements

Extension des colonies israéliennes – Illustration. Construction en cours de nouveaux logements dans la colonie israélienne d’Efrat au sud de la ville de Bethléem en Cisjordanie occupée. HAZEM BADER / AFP

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou tente « d’étendre le plus possible les colonies jusque dans les dernières minutes avant le changement d’administration à Washington », fustige l’organisation israélienne « La Paix Maintenant ».

 

Ce mardi 19 janvier, Israël a lancé des appels d’offres pour 2 500 nouveaux logements dans ses colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à la veille de l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden.

Déjà, la semaine dernière, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, en campagne électorale pour les législatives du 23 mars prochain, avait annoncé la construction de 780 nouveaux logements dans les colonies en Cisjordanie. Une décision notamment critiquée par le secrétaire général de l’ONU.

Mais mardi, les autorités israéliennes ont publié des appels d’offres pour des permis de construction totalisant 2 572 autres unités. Soit 2 112 en Cisjordanie occupée et 460 à Jérusalem-Est. Partie orientale de la Ville sainte annexée illégalement par Israël en 1967 mais dont les Palestiniens espèrent faire la capitale d’un futur Etat, a indiqué dans la nuit l’organisation La Paix Maintenant qui documente ce dossier.

Le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou tente « d’étendre le plus possible les colonies jusque dans les dernières minutes avant le changement d’administration à Washington », a déploré l’organisation dans un communiqué. « Netanyahou signale au futur président (Joe Biden) qu’il n’a même pas l’intention d’accorder une seule minute de grâce à un nouveau chapitre des relations entre les Etats-Unis et Israël ». Ni de tenter de « résoudre le conflit avec les Palestiniens ».

L’impossible solution à deux Etats

Du côté de Biden, on tente d’apaiser les choses. Le futur ministre des Affaires étrangères Antony Blinken a déclaré mardi que la « solution à deux Etats » – un Etat palestinien aux côtés d’Israël – était la « meilleure » et « peut-être la seule » viable au conflit israélo-palestinien. Oubliant très vite qu’un tel projet est quasiment impossible aujourd’hui.

L’administration Biden n’entend pas toutefois revenir sur la décision de l’administration Trump de reconnaître l’ensemble de la ville disputée de Jérusalem comme la capitale de l’Etat hébreu, a précisé Antony Blinken.

Depuis 2009, date du retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou en Israël, la population dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a bondi de 50% selon les données des autorités israéliennes. Avec un essor des approbations des mises en chantier sous le règne à Washington de son allié Donald Trump.

Aujourd’hui, plus de 450 000 personnes vivent dans les colonies en Cisjordanie occupée, en parallèle de 2,8 millions de Palestiniens. Et plus de 200 000 Israéliens vivent aussi dans des colonies à Jérusalem-Est. Des implantations toutes jugées contraires au droit international par l’ONU, rendant donc impossible la solution à deux Etats.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.