« La Conspiration du Caire » : un film d’espionnage palpitant

 « La Conspiration du Caire » : un film d’espionnage palpitant

Actuellement en salle, « La Conspiration du Caire », du réalisateur suédo-égyptien Tarik Saleh, prix du meilleur scénario au dernier festival de Cannes.

S’il y a un film à aller voir cette semaine, c’est bien celui-ci. « La Conspiration du Caire », du réalisateur suédo-égyptien Tarik Saleh, prix du meilleur scénario au dernier festival de Cannes est une pure merveille. Deux heures intenses où le spectateur passe par toutes les émotions. Un film qui s’inscrit dans la lignée du merveilleux « Le nom de la Rose », d’Umberto Eco.

L’histoire

Comme tous les matins, Adam, modeste jeune villageois, aide son père à pêcher, une affaire de famille depuis des générations et, croit-il, pour des générations encore. Mais sa vie et celle de ses proches basculent quand un homme se présente avec un courrier à la main  : Adam apprend alors qu’il est admis comme étudiant boursier à la prestigieuse Université sunnite al-Azhar, au Caire.

Sur place, Adam pense assister à des cours de théologie et de droit islamique mais il va se retrouver embarqué, alors que le grand imam rend l’âme, dans une guerre sans merci de succession que se livrent les pouvoirs politique et religieux, chacun désirant imposer son homme à la tête de la réputée institution.

Un soir, Adam est contacté par un mystérieux agent de l’Etat. L’étudiant n’a pas le choix, au péril de sa vie, il va devoir collaborer avec le pouvoir et leur livrer toutes les informations qu’il pourra recueillir.

Cinq ans après le somptueux « Le Caire confidentiel » où Tarik Saleh revenait sur les rapports entre la police, la politique et la religion, il poursuit son exploration avec ce nouvel opus en dénonçant les liens qui existent entre ces trois pouvoirs.

« La Conspiration du Caire » est un film d’espionnage palpitant parfaitement maîtrisé du début jusqu’à la fin. A savourer sans modération.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.