L’actrice algérienne Biyouna est décédée à 73 ans après un long combat contre la maladie

 L’actrice algérienne Biyouna est décédée à 73 ans après un long combat contre la maladie

Biyouna, chanteuse et icône du cinéma algérien, est décédée à l’âge de 73 ans, ce mardi ce mardi 25 novembre 2025 à Alger. (Photo : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Après plus d’un demi-siècle de lumière sur scène et à l’écran, Baya Bouzar, que des générations de spectateurs ont aimée sous le nom de Biyouna, s’est éteinte ce mardi 25 novembre à Alger.

 

À 73 ans, elle a succombé à la maladie contre laquelle elle luttait courageusement depuis plusieurs années, a annoncé la télévision publique algérienne. Le cancer, qui l’avait frappée, n’a jamais réussi à éteindre la force ni la dignité avec lesquelles elle a poursuivi son parcours artistique jusqu’au bout.

Icône incontournable du cinéma algérien, Biyouna avait su dépasser les frontières. Elle avait conquis aussi le public français, notamment à travers plusieurs comédies où son tempérament unique faisait merveille.

On l’a ainsi vue aux côtés d’Omar Sy dans « Le Flic de Belleville » (2018), ainsi que dans « Les Trois Frères : Le Retour » (2014) avec Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus. En 2019, elle retrouvait encore les salles obscures dans « Neuilly sa mère, sa mère ! ».

Née le 13 septembre 1952 dans le quartier populaire de Belouizdad, à Alger, Biyouna devient célèbre à seulement 19 ans grâce au feuilleton culte « Al-Hariq » (« L’Incendie »), qui marque le début d’une reconnaissance massive du public.

Dans les années 1990, au cœur de la décennie noire, elle fait le choix de rester sur sa terre, malgré les dangers qui menaçaient alors les artistes. Ce n’est qu’en 1999, une fois les violences apaisées, qu’elle franchit les frontières et rejoint le réalisateur franco-algérien Nadir Moknèche.

Avec lui, elle tourne « Le Harem de Madame Osmane », puis « Viva Laldjérie » où elle incarne une ancienne danseuse de cabaret, avant de briller encore en arnaqueuse dans « Délice Paloma ».

Sa liberté de ton et son audace avaient une nouvelle fois marqué les esprits dans « À mon âge je me cache encore pour fumer » (2017), dont certaines scènes avaient fait grand bruit en Algérie.

Artiste complète, Biyouna était aussi chanteuse. Elle sort son premier album « Raid Zone » en 2001, puis « Blonde dans la Casbah » en 2007, et collabore ensuite au disque « Bichon » de Julien Doré.

En 2012, elle foule la scène du Théâtre Marigny pour son premier spectacle solo, « Biyouna ! », mis en scène par Ramzy, prouvant une nouvelle fois sa capacité à se réinventer sans jamais perdre son identité.

Le président Abdelmadjid Tebboune a exprimé « sa tristesse après la perte d’une des célébrités de la scène culturelle », saluant avec respect et émotion la contribution immense de Biyouna au cinéma et à l’art algérien.

Une voix, une présence, une énergie irréductible s’en va, mais son héritage, lui, restera dans la mémoire collective.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.