Racisme : Macron sort du silence et soutient Bally Bagayoko en privé

 Racisme : Macron sort du silence et soutient Bally Bagayoko en privé

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, s’exprime lors d’un rassemblement contre le racisme organisé le 4 avril 2026 à Saint-Denis, en région parisienne. © Thomas SAMSON / AFP

Lors d’une rencontre à Saint-Denis, Emmanuel Macron a exprimé son soutien à Bally Bagayoko suite aux attaques « racistes » qu’il a subies. Le maire en a profité pour lui adresser un message.

 

Le soutien est tardif, mais il a tout de même été exprimé. C’est à l’occasion d’une visite au concert des élèves des maisons d’éducation de la Légion d’honneur, hier (14 avril) à Saint-Denis, qu’Emmanuel Macron a pu rencontrer Bally Bagayoko (LFI).

Le maire de Saint-Denis a confié à l’AFP que le président de la République lui avait indiqué « qu’il condamnait bien sûr les actes racistes et qu’il était intransigeant sur cette question ».

Peu après son élection à la tête de la ville de Seine-Saint-Denis, le maire avait été visé par des propos qu’il avait jugés « racistes », tenus lors d’une émission diffusée sur la chaîne d’information CNews, le 27 mars. Jusqu’ici, le chef de l’État n’avait pas condamné ces propos.

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Bagayoko : tolérance zéro

Dans un message publié sur X aujourd’hui (15 avril), Bally Bagayoko pose avec un exemplaire du t-shirt qu’il a pu offrir à Emmanuel Macron hier : « Bally Bagayoko interpelle Emmanuel Macron : tolérance zéro contre le racisme. Un tee-shirt symbolique lui a été remis à cette occasion. Le Président a condamné fermement ces propos et réaffirmé l’engagement de l’État à agir ».

Par ailleurs, après le rassemblement contre le racisme du 4 avril à Saint-Denis, l’élu LFI a annoncé une marche républicaine contre le racisme prévue le 3 mai à Paris. L’idée étant de créer une « jonction entre la banlieue et Paris ».

 

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La lettre

Bally Bagayoko a également profité de l’occasion pour remettre une lettre au président, dans laquelle il exprime son « regret que ce soutien (présidentiel) n’ait pu s’exprimer publiquement, ni au moment où ces attaques étaient les plus virulentes ».

Aujourd’hui (15 avril), dans un second message sur X, le maire de Saint-Denis précisait : « Dans ce courrier, j’alerte sur la situation préoccupante du territoire et appelle à un engagement renforcé de l’État sur plusieurs volets : éducation, handicap, hébergement d’urgence, titres de séjour, justice, baisses des dotations pour la commune, police nationale, etc ».

Concrètement, l’édile revient notamment sur la carte scolaire 2026 et une réduction de moyens qu’il estime « difficilement compatible avec les ambitions nationales de réussite éducative et de lutte contre les inégalités scolaires ».

Dans le courrier, il attire aussi l’attention sur les « dysfonctionnements importants » de la sous-préfecture de Saint-Denis. Ils provoquent de longs délais d’obtention et de renouvellement des titres de séjour, qui pénalisent les usagers.

 

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Plainte

Jeudi 2 avril, le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », au lendemain du dépôt de plainte de Bally Bagayoko.

De son côté, CNews a contesté « formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus sur son antenne ». La direction de la chaîne du groupe Bolloré estimait que les propos de Jean Doridot avaient été « délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée ».

 

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