« Même notre Shoah, ils nous l’envient » : Yvan Attal dérape sur Radio J

 « Même notre Shoah, ils nous l’envient » : Yvan Attal dérape sur Radio J

Interviewé par Frédéric Haziza sur Radio J ce dimanche 30 mars, l’acteur et réalisateur franco-israélien Yvan Attal a tenu des propos sidérants sur les Palestiniens, affirmant qu’ils « envient notre Shoah » et qu’ils « veulent absolument un génocide » pour obtenir un État.

D’après lui, les Palestiniens auraient construit leur identité en « miroir d’Israël » et voudraient « se réapproprier l’histoire juive ». Il va jusqu’à dire qu’ils espèrent un génocide, persuadés qu’Israël a été créé ainsi après la Shoah, et qu’en se présentant comme victimes, ils obtiendraient des territoires. Comme si leur souffrance relevait d’un calcul cynique plutôt que des conséquences du conflit et de l’occupation.

Ces propos sont choquants : ils nient la réalité du drame palestinien et balaient d’un revers de main les accusations de génocide à Gaza formulées par des ONG et des spécialistes. Attal insinue que les Palestiniens cherchent à « copier » la souffrance juive, une manière de les déshumaniser et d’évacuer toute discussion sur leurs droits.

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Dans cette même interview, il affirme que « le conflit israélo-palestinien n’existe pas » et que tout cela relève avant tout de l’antisémitisme. Il suggère même que les Palestiniens devraient être intégrés à la Jordanie, niant ainsi leur identité et leur droit à un État.

Attal évoque aussi la venue de leaders d’extrême droite en Israël (NDLR : Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen ont été invités par l’extrême droite israélienne) et s’inquiète des rapprochements entre Netanyahou et ces mouvances, tout en attaquant le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon et son électorat, qu’il qualifie sans nuance « d’antisémite ». Des propos intolérables qui, pour l’instant, ont entraîné très peu de condamnations.

 

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Au final, cette interview reflète une vision ultra polarisée du conflit : toute critique d’Israël y est assimilée à de l’antisémitisme, tandis que les Palestiniens sont réduits à des manipulateurs. Mais à force de nier leur souffrance et leur extermination progressive, ces propos ne relèvent-ils pas, justement, d’une forme de négation du génocide palestinien ?

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.