Eurovision : Mahmood représentera l’Italie malgré les protestations de Salvini

 Eurovision : Mahmood représentera l’Italie malgré les protestations de Salvini

Mahmood


La victoire d'Alessandro Mahmoud, un Milanais "100% italien" de mère sarde et de père égyptien, pour représenter l'Italie à l'Eurovision a libéré la parole raciste. Même le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, patron de l'extrême droite a critiqué le triomphe du jeune chanteur.  


Alessandro Mahmoud a créé la surprise en remportant la 69e édition du festival de Sanremo, véritable institution de la chanson en Italie.


Chaque début février pendant cinq longues soirées d'affilée, la première chaîne publique scotche plus de 10 millions d'Italiens devant leur téléviseur et dépasse souvent les 50% de part d'audience avec ce concours qui a inspiré l'Eurovision.


Créé en 1951 dans la cité balnéaire de Sanremo, en Ligurie (nord), le festival a révélé des dizaines d'artistes comme Eros Ramazzotti, Andrea Bocelli ou Laura Pausini.


Lors de la finale dans la nuit de samedi à dimanche, il a gagné grâce au vote du jury professionnel, alors que le public ne lui a accordé que 14% contre 46% pour le favori, Ultimo. Très vite, les commentaires ont fusé sur les réseaux sociaux: "Ils nous ont imposé un bouffon", "Tu n'as battu personne Ali Baba, ils t'ont fait gagner, c'est tout !"


"Mahmood… Bof"


Matteo Salvini, patron de l'extrême droite et homme fort du gouvernement, a mis de l'huile sur le feu en tweetant dans la nuit: "Mahmood… Bof… La plus belle chanson italienne ?!? Moi j'aurais choisi Ultimo, et vous, vous en pensez quoi ?"


Son message a provoqué un déluge de critiques d'internautes qui lui ont renvoyé l'un de ses leitmotivs "Prends un Maalox, ça te passera", lui ont suggéré de déguster un couscous ce dimanche ou lui ont envoyé des bras d'honneur.


Beaucoup lui ont aussi signalé la réaction de son ex-compagne Elisa Isoardi, qui a salué dans cette victoire "la démonstration que la rencontre de cultures différentes génère la beauté".


L'intéressé, qualifié par sa victoire pour représenter l'Italie à l'Eurovision en mai, s'est pour sa part refusé à toute polémique : "Je suis Italien, né et grandi à Milan, Italien à 100%", a-t-il déclaré à la presse.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.