France-Un dixième mois de bourse pour les étudiants


C’est officiel, les étudiants boursiers bénéficieront d’un dixième mois de bourse pour l’année universitaire 2011-2012.

 

Une question d’engagement

Les mesures restrictions budgétaires présentées par le premier ministre François Fillon n’ont pas remis en cause le versement de ce mois de bourse supplémentaire. Annoncé en 2009, «année de la vie étudiante», par le président de la république, il avait été plus ou moins mis en place en 2010 par Valérie Pécresse alors ministre de l’enseignement supérieur. Un demi-mois supplémentaire d’allocation avait donc été attribué à la plupart des étudiants boursiers.

 

Cet été, contexte de crise oblige, le ministre de l’économie François Baroin avait, lui aussi, émis des réserves sur cette augmentation de la bourse qui représente un coût de 160 millions d’euros pour l’État. «Non, il n’y a pas d’engagement (…). Nous sommes dans une logique de réduction des dépenses, nous n’allons pas additionner des chèques pour faire plaisir à telle ou telle partie de la population», expliquait-il.

 

Début août, Laurent Wauquiez, nouveau ministre de l’enseignement supérieur, s’était voulu rassurant dans une interview accordée à Libération : «Il est hors de question de revenir sur cet objectif, qui est un engagement du président. Le but est évidemment de le tenir. Et ça n’est certainement pas dans l’enseignement supérieur, où l’on a déjà fait tant d’efforts financiers, que l’on va commencer à rogner».

 

Hausse des prix

 

L’annonce de ce dixième mois de bourse fera peut-être mieux avaler la pilule aux étudiants, puisqu’une des premières annonces faites début juillet par Laurent Wauquiez (nommé le 29 juin) était l’augmentation du prix du repas au resto U, des frais d’inscription à la fac et de la sécurité sociale. La fédération Sud Étudiant avait dénoncé sur le champ l’augmentation de 1,7 % du prix du ticket repas (de 3 à 3,05 euros à la rentrée 2011), expliquant que suite aux hausses successives le repas d’un étudiant coûterait 22 % plus cher qu’en 2002. La sécurité sociale passera la barre des 200 euros et le montant des frais d’inscription grimperont respectivement de 1,72 % pour la licence, 4,7% pour les masters et de 3,6 % pour le doctorat. Le ministre, lui, estime les avoir «limitées au maximum».

 

Selon une étude de l’Unef (Union nationale des étudiants de France) et la Fage (Fédération générale des associations étudiantes) la rentrée étudiante 2011 coûtera 4,1 % plus cher que l’année précédente. Les charges fixes telles que le logement, les frais d’inscription et le restaurant universitaire représentent un budget de 8 300 euros annuels. Les deux organisations estiment que ces charges ont augmenté de 33 % depuis 2006 alors que les aides sociales n’ont connu une revalorisation que de 13 %.

 

En France, les étudiants travaillant tout au long de l’année représenteraient 68 % d’entre eux. Pour Emmanuel Zemmour, président de l’Unef «nous vivons un recul historique de la démocratisation universitaire».

 

Gypsy Allard

Gypsy Allard