Un coiffeur tunisien découvre une tête de cochon devant son salon

 Un coiffeur tunisien découvre une tête de cochon devant son salon

PHILIPPE HUGUEN / AFP


 


La médiocrité et la lâcheté dans toute leur splendeur. Mohamed Manoubi a ouvert avec le sourire son salon de coiffure le 4 août 2016, dans le centre-ville d'Albert, une petite commune de la Somme de 10000 habitants. Mais voyez-vous : il est arabe. 


 


Un mois plus tard, dimanche 11 septembre, en allant au travail, une mauvaise surprise l'attend. "Ce matin vers 7h30, je commençais à travailler, laver les serviettes…. et j'ai vu un truc noir devant l'entrée, raconte-t-il. Je me suis avancé et j'ai vu la tête de cochon".


Mohamed Manoubi décide alors d'appeler les gendarmes, qui arrivent un quart d'heure plus tard et prennent des photos. Le coiffeur porte plainte et fait une déposition.



Selon les journaux locaux, le maire d'Albert, Stéphane Demilly, aurait très rapidement rencontré l'épouse de Mohamed Manoubi pour avoir plus d'informations sur cette affaire. "Il n'avait pas subi d'attaque directe depuis son arrivée à Albert", confirme-t-elle. "Mais avec le terrorisme et tout ce qu'il se passe, il y a une grosse haine qui monte contre les métissés, les arabes, les gens convertis à l’Islam…" a encore  expliqué son épouse.



Installé depuis dix ans en France, Mohamed Manoubi "tient le coup". Il dit avoir économisé pendant huit mois pour monter son propre projet professionnel "sans aides de la famille ou des banques" : "J'ai travaillé comme un dur, depuis un mois et demi : ça marche super bien, les clients sont super satisfaits… et voilà ce qui se passe aujourd'hui".



"Je suis dégoûté", conclut – il, amer. 


Nadi Dendoune

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune