Gérard Collomb sous le feu des questions

 Gérard Collomb sous le feu des questions

crédit photo : François Guillot/AFP


On est plutôt habitué à voir cette exercice aux Etats-Unis où la pratique de la commission d'enquête y ait ancré. En France, le ministre de l'intérieur a du se prêter au jeu devant des députés de l'opposition qui ont fait feu de tout bois sur l'Affaire Benalla. Un exercice qui laisse tout le monde sur sa faim.


Gérard Collomb a tenté de "faire la lumière" sur l'affaire Benalla. Devant les députés, il indique avoir été mis au courant le 2 mai par son directeur de cabinet et d'en avoir informé le directeur de cabinet de la Présidence de la République. Estimant que ce n'était pas à lui de prendre les sanctions nécessaires concernant les violences provoquées par le chargé de mission d'Emmanuel Macron, il renvoie la balle à l'Elysée. Comme il l'a précisé, "Mr Benalla ne faisait pas partie de mon autorité et je ne me suis donc plus occupé de ce sujet".


Depuis le 2 mai, le ministre insiste sur le fait qu'il n'a pas parlé du "cas de Monsieur Benalla" et que durant le week-end du 21 juillet où il a rencontré Emmanuel Macron, il en a parlé le "moins possible", ce qui a provoqué des rires dans l'Assemblée. Le ministre de l'intérieur a indiqué ne pas connaitre "personnellement" Alexandre Benalla, même s'il "l'a croisé à plusieurs reprises" avec le Président de la République. "Je croyais même que c'était quelqu'un qui faisait plutôt partie des services de police". 


Pour le port d'arme d'Alexandre Benalla, le ministre a indiqué que "les services du ministère lui avait refusé la délivrance de l'autorisation du port d'arme, mais qu'il l'avait lobtenu par un arrêté de la préfecture de police du 13 octobre 2017". Sur la présence d'Alexandre Benalla en tant qu'observateur, il a précisé que "la préfecture de police était sans doute informée de sa venue" mais "pas forcément le préfet de police lui-même". Le préfet de police doit d'ailleurs témoigner cet après-midi sur ces questions.


Sur tous les autres aspects de l'affaire (véhicule de fonction, création d'un nouveau service au sein de la Présidence, etc..), le ministre de l'intérieur a soit éludé la question ("une enquête judiciaire est en cours"), soit renvoyé vers l'enquête de l'IGPN en cours (notamment sur la fourniture du matériel (brassard et radio) à Alexandre Benalla).


Enfin, Gérard Collomb a réaffirmé à plusieurs reprises qu'il n'avait pas saisi la justice car ce n'est pas "au ministre qu'il appartient de le faire". Une lecture de l'article qui n'a pas convaincu les députés de l'opposition.


Une opposition qui a semblé très remonté, mais surtout unie face au pouvoir. En effet, à plusieurs reprises, des députés de gauche ont repris des questions de députés LR et vice et versa. Si l'exercice a permis de donner quelques réponses aux interrogations légitimes sur cetta affaire, elle a laissé sur la faim les observateurs et surtout les députés. 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).