Record des prix du riz : un risque systémique pour l’Afrique

 Record des prix du riz : un risque systémique pour l’Afrique

Les prix records du riz sur les marchés mondiaux risquent de fragiliser de nombreux pays africains.

L’augmentation du prix du riz, qui a atteint son sommet en 15 ans, suite aux restrictions imposées par l’Inde sur les exportations de cette céréale, met en lumière les inquiétudes croissantes concernant l’impact du changement climatique sur l’approvisionnement alimentaire mondial, en particulier en Afrique.

 

En août, les prix mondiaux du riz ont grimpé de 9,8%, annulant les baisses enregistrées pour d’autres produits de base, d’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’Inde, qui représente près de 40% des exportations mondiales de riz, a déclaré en juillet qu’elle interdirait les ventes de riz non basmati à l’étranger. New Dehli justifie cette mesure par une flambée des prix du riz sur le marché intérieur.

Le changement climatique est un facteur majeur dans cette crise. L’année en cours est en passe de devenir la plus chaude jamais enregistrée, et El Niño, un phénomène climatique naturel, devrait s’intensifier à la fin de l’année, exacerbant les problèmes liés aux récoltes de riz.

Lire aussi >> Crise alimentaire en Algérie et en Tunisie : « fort risque de tensions sociales »

Ces restrictions sur les exportations de riz ont déjà eu un impact significatif sur l’approvisionnement alimentaire en Afrique. L’Inde avait précédemment interdit les exportations d’une autre variété de riz en septembre de l’année précédente, affectant gravement les régions africaines qui dépendent de ce riz comme aliment de base.

L’Afrique en première ligne

Selon une analyse de BMI, qui fait partie de l’agence de notation Fitch, jusqu’à 8% des exportations mondiales de riz pour la période 2023/24 pourraient désormais être retirées du marché. Cela a laissé les pays importateurs d’Afrique, déjà confrontés à des défis alimentaires, à la merci des fluctuations des prix du riz.

Parmi eux, le Sénégal, le Nigéria, Madagascar et la Guinée, qui dépendent beaucoup des importations, pourraient connaitre une importante inflation des prix des produits alimentaires. Une inflation qui s’ajoutera à celle provoquée par la guerre en Ukraine et aux mauvaises récoltes et pourrait alimenter les tensions sociales et politiques.

En effet, le changement climatique a déjà eu un impact significatif sur la productivité agricole en Afrique, avec des baisses de rendement causées par l’augmentation des températures et la fréquence accrue d’événements climatiques extrêmes, tels que les inondations. La dépendance de nombreux pays africains à l’égard des importations de riz les rend vulnérables aux perturbations sur les marchés mondiaux.

 

Mohamed C.