Saint-Ouen. Marche blanche en hommage à Sofiane Mjaiber et Tidiane Bagayoko

 Saint-Ouen. Marche blanche en hommage à Sofiane Mjaiber et Tidiane Bagayoko

Marche blanche, le 25 septembre 2020 à Saint-Ouen, en hommage à Sofiane Mjaiber et Tidiane Bagayoko, retrouvés morts le 15 septembre 2020.

Plus de dix jours après le drame où Sofiane Mjaiber et Tidiane Bagayoko ont trouvé la mort, un collectif d’habitants de Saint-Ouen (93) a décidé de rendre hommage aux victimes en organisant une marche blanche ce vendredi 25 septembre. Elle partira à 18h à la place d’Armes. 

 

Dans la nuit du 14 au 15 septembre dernier, Sofiane Mjaiber et Tidiane Bagayoko sont retrouvés morts dans une cave de la cité Soubise. Les deux ont été exécutés froidement.

Selon des témoins, l’auteur de ces coups de feu, un homme seul serait reparti à pied. Il n’a toujours pas été retrouvé. A la suite de ce double drame, douze personnes avaient été interpellées puis relâchées.

Les policiers chargés de l’enquête poursuivent leurs investigations et la piste du règlement de compte serait toujours privilégiée.

 

« Un jeune adorable, un bel esprit »

L’idée que Sofiane Mjaiber aurait pu tremper dans le trafic de drogue de la cité Soubise, comme le soutient une source proche de l’enquête, est inconcevable pour ses proches.

Au Parisien, un de ses amis confiait à nos confrères : « Cela ne correspond pas à la personne que je connais depuis le lycée. C’est quelqu’un qui militait politiquement, était impliqué dans les campagnes des municipales depuis 2014 et il avait fondé l’association Jeunesse Saint-Ouen. Je n’ai jamais vu de trafiquant présenter un tel engagement. »

Le jeune homme avait même pris sa carte au PCF. Jacqueline Rouillon, l’ex-maire communiste de la ville et proche de lui, lui avait d’ailleurs rendu un vibrant hommage dans les colonnes du Parisien. « Un jeune adorable, un bel esprit », avait-elle glissé, soulignant « la personnalité attachante » de ce jeune homme qui avait repris ses études et « qui attirait la sympathie ». « Je ne veux pas y croire. Pas lui. Il avait trop envie d’avoir une belle vie », avait-elle ajouté.

Le cortège, une marche silencieuse, qui démarre donc à 18h ce vendredi traversera tout Saint-Ouen, passera y compris dans les quartiers « sensibles » de la ville, où a lieu le trafic de drogue.

Puis il fera une halte devant la mairie et s’achèvera cité Soubise, lieu du drame, où la foule pourra alors se recueillir.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.