Une centaine de milliers de tests effectués en ville depuis le 10 mars

 Une centaine de milliers de tests effectués en ville depuis le 10 mars


Du 10 mars au 10 avril 2020, c'est près de 98000 tests de dépistage qui ont été réalisés par les laboratoires de ville, selon Santé Publique France. L'Ile-de-France représente le tiers de ces tests et la moitié des cas positifs, les Bouches-du-Rhône sont le département où l'on a le plus dépisté (11556) et les deux tiers des tests concernent des femmes.


Depuis le début de la crise du coronavirus, les tests sont au centre de toutes les attentions. Selon un épidémiologiste et un médecin urgentiste que nous avons interrogé, ce moyen qui permet de dissocier les patients confirmées positifs des personnes saines, donne les meilleurs résultats pour stopper l'hémorragie virale. Il faut d'ailleurs distinguer les tests de dépistage, des tests sérologiques. Les premiers mettent en évidence la présence du virus, grâce à la détection de son matériel génétique par des technologies de biologie moléculaire. Les seconds attirent l'attention sur la réponse immunitaire du patient face à l'infection. Les tests de dépistage nécessitent du temps pour l'analyse (24 heures).


France Santé Publique a recensé que du 10 mars au 10 avril, près de 100 000 tests de dépistage ont été effectués par les laboratoires de ville. Voici les constats à partir des données publiées par data.gouv


1- Les tests de dépistage ont démarré en retard : La 1ère semaine du 10 au 17 mars 2020, on avait à peine 2500 tests en laboratoire, soit 3% du total. La moitié de ceux-ci a été réalisée à partir du 31 mars 2020.


2- Les deux tiers des tests ont été effectuées sur des femmes. Le taux de test positif est de 27,11% pour les hommes et de 23,73% pour les femmes. 


3- On teste plus en Ile-de-France que dans le reste du pays. Un tiers des tests effectués (32450) concerne Paris et sa Grande Couronne  Ils sont positifs une fois sur deux. La région PACA arrive en deuxième position avec 18890 tests (19,40%) suivie par la région Grand Est (10,21%). On teste plus en Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Normandie et Nouvelle Aquitaine que dans les autres régions. Sans surprise, la Bretagne arrive dans le peloton de fin avec 118 tests durant la période.


4- Le département des Bouches-du-Rhône est celui qui pratique le plus de tests en laboratoire (11556), soit 12% de l'ensemble du territoire. La volonté du Pr Raoult de mettre en place des dépistages massifs a surement contribué à ce chiffre élevé de tests qui ont fait apparaitre une positivité dans 13% des cas. Paris vient en deuxième position, suivi par les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise, l'Essonne et le Val-de-Marne. On retrouve aussi dans le peloton de tête le département des Alpes Maritimes et celui de la Gironde, pourtant plutôt épargnée par l'épidémie (9,37% de cas positifs). La Corse n'a pratiqué aucun test depuis le 10 mars alors que les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Mayotte) ont des scores extrêments bas, se comptant en dizaines.


5- Les deux tiers des personnes testées ont entre 15 et 64 ans et représentent les 2 tiers des personnes présentant une viralité positive. Les plus de 75 ans représentent près de 20% du nombre total des personnes dépistées. Les taux de viralité sont faibles pour les moins de 15 ans (6% chez les filles et 9% chez les garçons). Les hommes (36%) et les femmes (32%) de plus de 75 ans représentent le groupe le plus touché par le virus suivi par les hommes de 65 à 75 ans.


L'augmentation des dépistages devrait permettre d'avoir une vision plus claire des personnes qui pourront ou non être déconfinées. Ce dossier a fait l'objet de couacs du gouvernement puisqu'à fallu attendre 3 semaines pour autoriser les laboratoires départementaux publics d'analyse animale à les pratiquer. Nos confrères du Point avaient noté en effet que  75 laboratoires publics d'analyse départementaux étaient empéchés, malgré un mail le 15 mars au directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, de pouvoir le faire. Depuis le 9 avril, un décret a ouvert la voie à cette possibilité de 150 000 à 300 000 tests par semaine. Mieux vaut tard que jamais !


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Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.