Emmanuelle Tanneau : “On ne veut pas être uniquement une fondation ‘distributive’ !”

 Emmanuelle Tanneau : “On ne veut pas être uniquement  une fondation ‘distributive’ !”

Crédit photo : Pascalité/M6


3 Questions à Emmanuelle Tanneau, responsable projet à la Fondation M6, à l’initiative du concours d’écriture Au-delà des lignes


Pourquoi la Fondation M6 s’intéresse-t-elle autant aux prisons françaises ?


Depuis 2010, la réinsertion des personnes détenues est au cœur des préoccupations de la Fondation M6. C’est un choix de Nicolas de Tavernost, président du directoire M6, de s’engager pour une cause peu soutenue mais qui est un véritable enjeu sociétal, la récidive. Nous concentrons notre action sur le retour vers l’emploi des détenus, la lutte contre l’illettrisme et l’accès à l’éducation. Par exemple, nous avons mis en place des bourses d’étude pour inciter les détenus à se former. Je vais régulièrement en détention, pour prendre le pouls et m’assurer de l’efficience des actions que nous menons. On ne veut pas être uniquement une fondation ‘distributive’. C’est sur le terrain que notre job prend tout son sens selon moi !


 


Comment est né le concours Au-delà des lignes ?


Il est né d’une volonté commune d’Isabelle Verrecchia, déléguée générale de la Fondation M6, et d’enseignants du Nord de la France de replacer la lecture et l’écriture dans un contexte plaisir, auprès de personnes en difficulté avec l’écrit. Le jury d’Au-delà des lignes (auteurs, romanciers…) va à la rencontre des participants pour échanger autour des mots et désacraliser l’exercice d’écrire. La dictée est une mise en bouche, pour booster les participants dans le travail d’écriture mené avec leurs enseignants.


 


Combien d’établissements pénitentiaires et de détenus participent à cette troisième édition ?


Notre ambition est d’en faire un concours national ! A chaque édition, de nouveaux établissements nous rejoignent. Ils sont 26 cette année, au sein des directions interrégionales de Lille, Rennes, Bordeaux, Strasbourg et d’Ile-de-France. 207 femmes, hommes et mineurs ont pris la plume autour du thème “Demain” (contre 165 en 2017). Les prix seront décernés lors d’une cérémonie qui se tiendra ce 26 juin à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. A la clé pour les quatre lauréats, un accompagnement socioprofessionnel à leur sortie de prison. Outre les représentants de l’administration pénitentiaire et de l’Education nationale, le jury sera composé notamment de Nathalie Renoux, journaliste de M6 et marraine de la Fondation, Rachid Santaki, romancier et scénariste, Valérie Tong Cuong, écrivaine et musicienne… Tous ont en commun leur goût pour les mots et l’envie de le partager. 


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