La police confond un club de barbus avec des militants de Daech

 La police confond un club de barbus avec des militants de Daech

Bearded Villains


 


En ce moment, si tu veux éviter les ennuis avec la police, il vaut mieux se raser. Si en plus, tu agites un drapeau noir alors t'es foutu ! Des Suédois, membres du groupe Bearded Villains qui "milite contre les injustices, l’homophobie, le racisme et l’oppression", avec leurs barbes à n'en plus finir ont été pris pour des militants de Daech. 


 


Ce samedi 10 octobre, alors qu'ils  se trouvaient devant les ruines du château de Brahehus, un site touristique du sud de la Suède, deux policiers se sont présentés à eux. 


"On s'était aligné pour prendre une photo, on était 30 hommes à faire partie du club, avec notre drapeau, lorsqu'on a vu arriver deux officiers de police. Ils nous ont dit qu'un automobiliste avait cru voir un rassemblement de terroristes de l'IS », acronyme anglais du groupe Etat islamique, explique Andreas Fransson, membre du club. 



Constatant leur méprise, les deux policiers en uniforme ont « ri de bon cœur » avec les barbus et sont remontés dans leur véhicule « le sourire aux lèvres », selon Andreas Fransson qui reconnaît tout de même que l'étendard de son organisation (un drapeau aux symboles blancs sur fond noir), qui compte une soixantaine de membres en Suède, peut prêter à confusion avec celui des combattants de Daech. En Suède, les Bearded Villains participent notamment à des campagnes de sensibilisation à la prévention du cancer. 



Créés aux Etats-Unis, les Bearded Villains existent dans le monde entier. Le drapeau officiel du club voyage de pays en pays. «Nous prenons des photos avec ce drapeau pour témoigner notre fraternité», souligne Andreas Fransson. 



Cet épisode qui prête à sourire, montre aussi le niveau de "paranoia" qui règne chez certains. Et un jour, cela pourrait se finir mal….


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.