Plainte déposée aux Etats-Unis contre le président birman pour le génocide des Rohingyas

 Plainte déposée aux Etats-Unis contre le président birman pour le génocide des Rohingyas

Le président birman Thein Sein. AFP – JIJI


 


Une vingtaine d'organisations musulmanes américaines ont déposé une plainte la semaine dernière à New York contre le président birman Thein Sein et d'autres membres de son gouvernement pour des crimes commis contre la minorité Rohingya. Une plainte nécessaire mais qui a peu de chance d'aboutir. 


 


Cette action en justice intervient un mois avant d'importantes élections en Birmanie, considérées comme un test pour la démocratie.

Un porte-parole du président n'a pas accordé beaucoup d'importance à cette plainte déposée jeudi 1er octobre : "La Birmanie n'est pas un vassal de l'Amérique. Je ne vois pas comment la Birmanie pourrait être conduite devant un tribunal fédéral en Amérique ", a-t-il dit ce lundi 5 octobre.


La plainte demande à la juge Debra Freeman de convoquer le président Thein Sein, ainsi que le ministre des Affaires étrangères Wunna Maung Lwin et d'autres dignitaires. La loi "Alien Tort Statute" permet à des citoyens étrangers de réclamer des dommages pour des violations des droits de l'homme commises hors des Etats-Unis.


Selon le texte déposé par ces organisations musulmanes, les Rohingyas sont "les cibles principales de crimes de haine et de discrimination qui s'apparentent à un génocide nourri par les moines bouddhistes nationalistes extrémistes et le gouvernement de Thein Sein".


"Depuis 1962 le gouvernement suprématiste bouddhiste de Birmanie a dirigé avec une idéologie unique et qui exclut les minorités", ajoute la plainte, selon laquelle les Rohingyas ne sont pas autorisés à obtenir la nationalité et sont "brutalement persécutés en raison de leur foi et de leur appartenance ethnique". Ces mauvais traitements ont conduit de nombreux Rohingyas à fuir le pays, causant une crise migratoire dans toute la région.


Gurpatwant Pannun, un avocat du cabinet qui a déposé la plainte au nom de 19 organisations musulmanes, a estimé que Thein Sein devait être tenu responsable: "Quand un génocide aura été reconnu, cela devient la responsabilité de l'administration américaine de poursuivre ceux qui en sont responsables parce que c'est une convention internationale que les Etats-Unis ont signée".


Environ 1,3 million de Rohingyas vivent en Birmanie, qui leur refuse la citoyenneté et les considère comme des immigrés clandestins du Bangladesh. Ceux-ci sont victimes de multiples discriminations, travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, absence de droit de séjour, règles de mariage injustes et confiscation des terres. Ils ont également un accès limité à l'éducation secondaire et supérieure, ainsi qu'à d'autres services publics.


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.