World Cup 2026 Maghreb : Les ambitions du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie

Vue détaillée d’un ballon sur la pelouse du Kansas City Stadium (ancien Arrowhead Stadium) avant la World Cup 2026, dont plusieurs rencontres seront disputées aux États-Unis. © Jay Biggerstaff / Getty Images North America via AFP
Lors de la World Cup 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les pays du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) abordent la compétition avec des ambitions différentes. Les Lions de l’Atlas visent un nouveau parcours historique, les Fennecs cherchent leur équilibre collectif et les Aigles de Carthage espèrent réussir leur renouveau.
EN BREF
- La World Cup 2026 sera la première édition à 48 équipes
- Le tournoi se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
- Le Maghreb est bien représentée lors de cette World Cup 2026
- Les Lions de l’Atlas arrivent avec une série historique de 17 victoires consécutives.
- L’Algérie dispose d’un effectif talentueux mais cherche encore son équilibre.
- La Tunisie mise sur un renouvellement de son groupe sous Sabri Lamouchi.
- La France, l’Espagne et l’Argentine figurent parmi les favoris du tournoi.
World Cup 2026 : une première édition à 48 équipes
Ce qui fait d’ailleurs dire à l’ex-international algérien Karim Matmour que la compétition commencera réellement « au deuxième tour ». Après un premier écrémage, bien relatif, puisque dix des meilleurs troisièmes des douze groupes se qualifieront pour les premiers seizièmes de finale de l’histoire du tournoi.
Maroc : les Lions de l’Atlas face à un groupe abordable
Cette formule fait du deuxième tour un horizon abordable, notamment pour le Maroc. Son groupe est composé d’un Brésil en crise, d’une Écosse qui retrouve la compétition après vingt-huit ans d’absence, et de Haïti, déjà content d’être là.
Dans ce contexte, les Lions de l’Atlas, désormais dirigés par le champion du monde U20 Mohamed Ouahbi (voir page 65), ne peuvent avancer masqués.
Le récent départ de Walid Regragui, démissionnaire après la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2026, perdue sur le terrain mais gagnée dans les bureaux, suscite toutefois quelques interrogations. Mais les optimistes, et ils sont nombreux, rappellent que l’ancien sélectionneur avait justement été nommé quelques semaines avant le Mondial au Qatar.
Reste que le onze marocain est peut-être moins armé que celui des demi-finalistes 2022, dont la moitié des éléments jouait dans de grands clubs européens : Ziyech à Chelsea, Mazraoui au Bayern, Bounou et En-Nesyri au FC Séville, Hakimi au PSG.
Les récentes blessures d’Aguerd et de Hakimi brouillent aussi le panorama. Mais les Lions peuvent capitaliser sur leur série de 17 victoires consécutives entre mars 2024 et novembre 2025, un record mondial. L’équipe, plus expérimentée, a changé de statut.
Algérie : les Fennecs entre talent et équilibre collectif
L’Algérie, elle, ouvrira son tournoi par un duel de prestige face à l’Argentine, le champion en titre. Un match qui devrait conditionner la dynamique des Fennecs, qui affronteront ensuite l’Autriche et la Jordanie.
« C’est abordable, estime Karim Matmour. Mais attention à la Jordanie, qui a récemment tenu en échec le Nigeria (2-2, le 31 mars), qui nous a surclassés à la CAN (0-2, en quart de finale). » Avec les Bensebaïni, Mahrez, Aït-Nouri, Gouiri, Maza, Moussa, Amoura, les Fennecs ont du talent à revendre, mais doivent encore trouver un équilibre collectif. « Il y a beaucoup de points d’interrogation, relève Matmour. Le coach, Vladimir Petkovic, recherche encore son ossature. »
Quid du rôle de Mahrez, à 35 ans ?
« C’est un joueur d’une telle envergure que l’Algérie ne peut pas s’en passer, estime l’ex-Fennec aux 30 capes. Que ce soit dans un rôle de joueur qui encadre ou de titulaire. »
Dans la première option, Ibrahim Maza, à seulement 20 ans, a déjà tout du successeur de Mahrez. Ce qui ne surprend pas Matmour, qui l’avait détecté quand il travaillait pour le Bayer Leverkusen (2020-2023).
« Il se passe toujours quelque chose quand Ibrahim a le ballon, même s’il doit encore mieux gérer le tempo des matches et être encore plus décisif. »
Tunisie : les Aigles de Carthage en renouvellement
Du côté tunisien, le réservoir est bien plus limité.
Ainsi le néo-sélectionneur Sabri Lamouchi a-t-il entamé son mandat en convoquant des binationaux jamais appelés, comme le vétéran Rani Khedira (32 ans), le Tuniso-Canadien Rayan Elloumi (Vancouver, 18 ans) et le Tuniso-Allemand Louay Ben Farhat (Karlsruhe, 19 ans), entre autres.
Une démarche qui peut rappeler celle de Walid Regragui quand il avait pris les rênes du Maroc. Lamouchi, comme il nous l’a confié (voir interview page 66), veut élargir son groupe, y aviver la concurrence.
Pour la Tunisie, dont le camp de base se situera à Monterrey, au Mexique, passer le premier tour serait déjà un succès.
France, Espagne, Argentine : les favoris de la World Cup 2026
Il y a d’autres équipes, rares, pour qui seul le titre compte. C’est le cas de l’équipe de France.
« Même leur équipe B pourrait remporter la Coupe du monde », lâche Matmour, admiratif.
Leurs grands rivaux attendus sont l’Espagne de Lamine Yamal, sans doute le collectif le mieux huilé de la planète, et l’Argentine, championne en titre, même si l’Albiceleste ne peut compter que sur les derniers restes de Lionel Messi.
Vos questions sur les sélections du Maghreb lors de la World Cup 2026
Pourquoi le Maroc est-il considéré comme ambitieux pour la World Cup 2026 ?
Les Lions de l’Atlas arrivent avec une équipe expérimentée. Ils restent portés par leur parcours historique de 2022 et une série de résultats impressionnante.
Quel est le principal défi de l’Algérie ?
Les Fennecs disposent de nombreux talents. Ils doivent toutefois trouver davantage de stabilité collective sous la direction de Vladimir Petkovic.
Pourquoi la Tunisie est-elle en phase de renouvellement ?
Le sélectionneur Sabri Lamouchi a intégré plusieurs nouveaux profils. Son objectif est d’élargir le groupe et d’augmenter la concurrence interne.
Quels sont les favoris de la World Cup 2026 ?
La France, l’Espagne et l’Argentine apparaissent parmi les principaux candidats au titre mondial.
Quel objectif pour les sélections maghrébines ?
Le Maroc vise au minimum les phases finales. L’Algérie espère confirmer son potentiel. La Tunisie ambitionne d’abord de franchir le premier tour.
