Un enfant de 4 ans convoqué par la police israélienne

 Un enfant de 4 ans convoqué par la police israélienne

Mohammed Rabi’a Alyan


Selon l'agence de presse palestinienne Ma'an News, Mohammed Rabi'a Alyan, un enfant âgé seulement de 4 ans, résident du quartier Issawya à Jérusalem, aurait reçu ce lundi 29 juillet une convocation par la police israélienne. Elle lui reproche d'avoir jeté des pierres.


Selon nos confrères de Ma'an News, l'enfant jouait avec ses copains en bas de chez lui. Ils auraient couru au moment où les forces israéliennes auraient envahi leur quartier. En plus de la convocation écrite, la police aurait appelé le papa à son domicile pour lui demander d'amener son fils au poste le lendemain (NDLR : mardi 30 juillet).


"Le gouvernement israélien est saisi d'une incroyable hystérie" s'indigne Taoufiq Tahani, ancien président de l'Afps (Association France Palestine Solidarité) pas du tout surpris par cet événement. "Les autorités israéliennes savent qu'ils peuvent tout faire avec une impunité garantie. Ils visent les enfants pour terrifier les parents et écraser toute protestation surtout à Jérusalem".


Eléonore Bronstein, militante israélienne anticolonialiste n'en revient pas. "Dans la seule démocratie du Proche-Orient, on convoque des enfants [mais seulement les Palestiniens hein] de 4 ans, accusés de "jets de pierres" contre des forces armées, pour interrogatoire ! Une sorte d'Intifada des bacs à sable ! C'est sans doute un terroriste qui veut nous jeter à la mer", raille-t-elle. 


Ce mardi 30 juillet, le très jeune Mohammed Rabi'a Alyan et ses 4 ans, son papa, accompagnés d'une dizaine de personnes sont arrivés au commissariat de Jérusalem. Devant le tollé de protestations, le chef de la police a finalement reçu le père seul. Toujours selon Ma'an News, il l'aurait menacé de lui enlever son enfant s'il n'était pas capable de le surveiller lui-même.

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.