Témoigner encore et toujours.

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Palestine. Nisreen


Aïcha, 14 ans, Nisreen, 15 ans, et Suhaib, 35 ans sont Palestiniens, membres de l'association "Youths against settlements" (Jeunes contre les colonies). Invités par la Librairie Résistance, connue pour son engagement envers le peuple palestinien, ils sont en France depuis le 19 juin pour raconter ce qu'ils vivent dans leur pays. 


Après avoir été "chaleureusement accueilli" à Lyon, Reims ou Annecy, Nisreen, Suhaib et Aïcha seront reçus en grande pompe à la mairie de Stains (93) ce samedi 29 juin à 11h, avant d'être à L'ile-Saint-Denis un peu plus tard à 18h, Place des Arts.


Nesrine, Aïcha et Suhaib vivent à Hébron en Cisjordanie Occupée, la seule ville palestinienne à être colonisée de l’intérieur, près de 800 colons, protégés par 2000 soldats israéliens, vivent au milieu de 200 000 Palestiniens. Leurs conditions d'existence y sont très difficiles : les provocations et agressions des Colons contre les Palestiniens y sont légions.


Nisreen : "C'est la première fois que je sors de Palestine. Je découvre ce que c'est de pouvoir circuler librement", dit enthousiaste la jeune fille. "Après les débats, il y avait toujours quelqu'un pour nous emmener visiter la ville. On passe de superbes moments. Toute cette solidarité nous donne beaucoup de force", embraie de son côté Aïcha qui n'avait jamais quitté la Cisjordanie. Nisreen et Aïcha n'avaient "jamais vu la mer" non plus avant leur venue à Annecy. "C'était un lac mais c'est aussi grand que la mer", plaisante Aïcha. "Nous vivons sous occupation militaire israélienne et pour aller à la mer, il faut aller de l'autre côté du mur et pour aller de l'autre côté du mur, il faut une autorisation délivrée par les autorités israéliennes et c'est à leur bon vouloir", souligne Nesrine. A 35 ans, Suhaib, 4 fois en France et qui a visité également d'autres pays n'a jamais pu mettre les pieds à Jérusalem qui se trouve pourtant qu'a une quarantaine de kilomètres d'Hébron.


"Face à la désinformation, c'est important que le peuple français soit au courant de ce qu'il se passe à Hébron et plus généralement en Palestine", insiste le trentenaire dans un excellent français, ce dernier a fait ses études en Algérie.


Lors de leur tournée en Hexagone, il y avait souvent la même question qui revenait. "On nous demandait tout le temps ce que le peuple français pouvait faire pour la Palestine", raconte Suhaib. "La France qui a une longue histoire avec notre pays est importante pour la Palestine. Il faut que le peuple français continue de mettre la pression sur ses dirigeants pour qu'ils prennent des décisions courageuses", explique-t-il. "Et puis, il faut mettre le paquet sur le boycott. Boycotter les produits venus des colonies mais aussi ceux qui viennent d'Israël parce que c'est avec cet argent qu'on finance l'armée israélienne", rappelle Suhaib. Avant de conclure motivé : "En Afrique du sud, ça a marché alors pourquoi ça ne marcherait pas en Israël ? En tout cas, nous, on y croit fort en Palestine"

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.