Robert Guédiguian, défenseur des opprimés, a participé à un festival de cinéma en Israël

 Robert Guédiguian, défenseur des opprimés, a participé à un festival de cinéma en Israël

Le réalisateur Robert Guediguian et son épouse


Une information presque passée inaperçue. C'est une surprise et une déception pour beaucoup. Le réalisateur Robert Guédiguian, connu pourtant pour son humanisme et son combat envers les opprimés, ainsi que son épouse, l’actrice Ariane Ascaride, ont accepté le mois dernier (mars) de se rendre en Israël pour participer au festival du film français. 


La 15ème édition du festival s'est déroulée du 13 mars au 7 avril, un peu partout en Israël. Venu pour présenter leur film "La Villa", sorti en septembre 2017, le couple a participé à trois projections, la première le 18 mars à Tel Aviv, la seconde le 19 à Haïfa et la dernière a eu lieu le 20 mars à Jérusalem, comme l'atteste le site du festival.


Avec ce film, Robert Guédiguian, qui avait appelé à voter Mélenchon aux dernières élections présidentielles, plaidait la cause des réfugiés.


"Robert Guédiguian et Ariane Ascaride sont des acteurs et des porte–paroles d’une certaine idée du cinéma français qui refuse la collaboration avec le libéralisme débridé ou le racisme quand il s’agit de vie sociale", a réagi Bernard, membre de la campagne BDS France, le mouvement de boycott contre l'occupation israélienne.


"Pourtant, il n’y pas de vie sociale sans vie culturelle et une question se pose alors : il n’y a pas de collaboration de ces artistes avec les forces de droite ou d’extrême droite sur le territoire national, alors pourquoi une telle collaboration est-elle possible avec l’État israélien dans des lieux chargés de l’histoire de la Nakba ? ", questionne encore Bernard.


"Peut-être nous diront-ils que le cinéma et la culture ne sont pas politiques ? Air connu, surtout à droite et même très à droite, mais peu crédible de la part d’un Robert Guédiguian qui, lors d’un passage sur France 5, rappelait que tout était politique", dénonce-t-il.


Avant de conclure : "Nous espérons qu'ils auront le courage de reconnaître leur faute morale et politique, et de présenter, à défaut d’excuses, leurs regrets au peuple palestinien".


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.